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dimanche, 18 novembre 2012 10:10

Cant Z.1007 Alcione

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Alignement de Cant Z.1007 bis de la 59a sq., 33° Gr., 9° St. sur le terrain de Viterbe. Alignement de Cant Z.1007 bis de la 59a sq., 33° Gr., 9° St. sur le terrain de Viterbe. famille Cajani

Développement du Cant Z.1007 Asso

Le bombardier trimoteur Cant Z.1007 fut projeté par l'ingénieur Filippo Zappata en 1935. Il reprenait de nombreuses particularités de l'hydravion Cant Z.506, notamment une structure en bois, un fuselage de section ovoïdale et des ailes trapézoïdales aux extrémités elliptiques. Le prototype du Cant Z.1007, immatriculé MM.20687 et propulsé par trois moteurs en ligne Isotta Fraschini Asso XI RC35 de 840 ch à 2250 tr/min, vola pour la première fois le 11 mars 1937 avec Mario Stoppani aux commandes. Malgré la faible puissance de ses moteurs, les résultats furent encourageants, sa stabilité le rendant facile à piloter. L'adoption des moteurs Isotta Fraschini Asso XI RC40 permit d'améliorer légèrement les prestations du prototype. La mise en place de radiateurs frontaux et la modification des capots qui s'en suivi pourraient laisser penser, à tort, que l'appareil était propulsé par des moteurs en étoile. Après les essais constructeur sur le terrain de Ronchi dei Legionari (Monfalcone), le prototype fut envoyé à Guidonia en août 1938 pour les essais d'acceptation.

Le prototype MM.20687 à Ronchi dei Legionari le 11 mars 1937, jour de son premier vol. Le pilote d'essai Mario Stoppani sur l'aile du prototype MM.20687.
Le prototype MM.20687 dans sa seconde configuration avec hélices tripales munies d'ogives. Le prototype à Ronchi dei Legionari après l'adoption des moteurs Isotta Fraschini Asso XI RC40 munis de radiateurs frontaux.

L'apparition du nouveau trimoteur suscita l'intérêt des militaires, qui voyaient dans cet appareil le moyen de remplacer les bombardiers alors en production. Avant même le vol du prototype, une première série de 18 exemplaires fut commandée, bientôt suivie par une seconde commande portant sur 16 appareils. Les livraisons s'échelonnèrent entre février et octobre 1939, et tous les avions furent affectés au 16° St. de Vicence. Ces trimoteurs, désignés Cant Z.1007 Asso en référence à leur motorisation, reçurent trois types d'hélices différents : les bipales Breda pour les MM.20701 à 20704 et 21205 à 21209, les bipales Piaggio pour les MM.20687, 20689 à 20697, 20699 et 20700, et enfin les tripales Piaggio pour les MM.20688, 20698 et 21210 à 21220. Sur cette première version de l'appareil, le poste du bombardier se trouvait dans l'emplanture de l'aile droite.

Assemblage des Cant Z.1007 Asso dans le nouveau hangar "Aeronautica 2" de Monfalcone. Détait de l'avant du fuselage montrant les pipes d'échappement et le poste du bombardier dans l'emplanture de l'aile de droite. Cant Z.1007 Asso de l'école de bombardement d'Aviano. Il est équipé d'hélices bipales.
Cant Z.1007 Asso avant guerre muni d'hélices tripales sans ogive. Cant Z.1007 Asso de la 212a sq. mû par trois hélices tripales Piaggio. La croix de Savoie sur la dérive indique que la photo a été prise au début du conflit. Cant Z.1007 Asso MM.20689 de la 211a sq., 50° Gr. sur le terrain de Vicence.

Développement du Cant Z.1007 bis

Malgré la nouvelle motorisation, les prestations effectives des Cant Z.1007 Asso restaient loin derrière celles calculées, c'est pourquoi l'ingénieur Zappata décida d'opter pour des propulseurs en étoile Piaggio P.XI RC40 de 1000 ch, qui voyaient alors le jour. Les résultats des tests menés sur le prototype MM.20687 remotorisé furent sans appel : la vitesse de pointe passa de 428 à 475 km/h, et le plafond de 6650 à 8400 mètres malgré l’augmentation de la section frontale. Suite à ce succès, Zappata modifia largement la forme et les dimensions de son avion pour en augmenter l'emport et améliorer la protection ainsi que la disposition du poste du bombardier qui passa à l’extrémité avant de la gondole ventrale.

Le prototype MM.20687 après l'installation des moteurs Piaggio P.XI RC40. Le poste du bombardier est resté dans l'emplanture de l'aile.

Ainsi modifié, l'appareil répondait à l'appellation de Cant Z.1007 bis, surnommé par la suite Alcione (Alcyone, personnage de la mythologie grecque). Une première commande portant sur 34 exemplaires fut passée en 1938 à Monfalcone, et le premier d'entre eux (MM.21221) effectua son vol inaugural le 6 juin 1939. Lors de son passage à Guidonia entre le 21 juin et le 2 août puis après le 30 août, les pilotes d'essai le jugèrent très favorablement : il surclassait tous les bombardiers alors en service dans la Regia Aeronautica. Au total, 502 Cant Z.1007 bis furent construits (ou 508 selon les sources) par les CRDA et IMAM.

Le prototype et premier exemplaire du Cant Z.1007 bis, immatriculé MM.21221, effectuant ses essais de roulage avant son premier vol le 6 juin 1939. Le MM.21221 à Ronchi dei Legionari, encore privé de ses insignes de nationalité.
Le MM.21221 au centre d'essais de Guidonia à l'été 1939. Les 5 premiers exemplaires de série du Cant Z.1007 bis prêts à être retirés par leurs équipages à Ronchi dei Legionari entre le printemps et l'été 1940.

Description technique du Cant Z.1007 bis

La structure du fuselage, de section pratiquement elliptique, était entièrement en bois d’épicéa et de peuplier revêtu de plaques de tulipier et entoilé. Les ailes trapézoïdales bilongerons aux saumons elliptiques formaient un dièdre positif de 10%. Elles étaient revêtues de contreplaqué et entoilées jusqu’au longeron arrière, tandis que les parties mobiles étaient uniquement entoilées.

Plan général d'emménagement. Structure du fuselage.
Structure d'une demi-aile. MM.22367 de la 204a sq., 41° Gr., appartenant à la série II en cours de révision à Brindisi.

L’empennage monodérive des appareils de début de production (séries I à III) fut remplacé par un empennage bidérive sur le MM.22365. Cette expérimentation, qui permit d’améliorer la stabilité latérale de l’appareil (les dérives se trouvant alors dans le sillage des moteurs) et de faciliter la défense en champs arrière, fut adoptée sur les chaînes de montage à partir du MM.23289 (11ème exemplaire de la série IV). Le poids à vide augmenta de 150 kg, sans répercussion notable sur les performances. La structure de l’empennage était en bois d’épicéa, revêtu de contreplaqué et de toile de lin.

MM.22390 monodérive poussé hors d'un hangar du terrain de Cagliari-Elmas à la force des bras. Le MM.22365, exemplaire bidérive expérimental testé à Guidonia entre le printemps et l'été 1940. MM.23369 bidérive en cours de maintenance.

Le Z.1007 bis était propulsé par trois moteurs Piaggio P.XI RC40 radiaux à double étoile, de 14 cylindres, à refroidissement par air. Chaque moteur développait une puissance de 1000 ch à 2200 tr/min et entraînait une hélice métallique tripale Piaggio P.1001 de 3,7 m de diamètre à pas variable. Le P.XI n’était pas particulièrement fiable et demandait une maintenance préventive et corrective particulièrement rigoureuse aux techniciens. Cependant, le Z.1007 bis était capable de voler avec le seul moteur central en marche. L’introduction du P.XI bis à partir du MM.23747 (série V) améliora quelque peu la situation.

Les moteurs Piaggio P.XI étaient fragiles et demandaient une maintenance rigoureuse. Sur les appareils des séries I à IV, les capots moteurs étaient en deux parties, avec un anneau frontal fixe. Sur les séries suivantes, l'anneau frontal des capots fut éliminé.

Le Cant Z.1007 bis MM.23366 (série IV) fut testé le 5 mai 1941 avec trois moteurs Alfa Romeo 128 RC18, mais les performances obtenues étaient très modestes.

La capacité totale des 12 réservoirs en duralumin rivé, logés dans les ailes, s’élevait à 4720 litres, contre 4009 sur le Z.1007 Asso. Le train d’atterrissage à commande hydraulique rétractable était logé dans les nacelles moteur. La roulette de queue, non rétractable, était orientable dans toutes les directions. L’alimentation électrique en 12 V était assurée par deux batteries de 44 Ah et deux générateurs de secours GR 600.

Dans la partie antérieure du fuselage se trouvait le poste du bombardier, juste derrière le moteur central. Le poste de pilotage à double commande était aménagé en tandem, les sièges des pilotes se trouvant sur le flanc gauche, ce qui facilitait la circulation à bord de l’appareil et permettait de réduire la section transversale du fuselage. En revanche, cette disposition réduisait la visibilité en phase d’atterrissage pour le copilote assis sur le siège arrière. Derrière le poste de pilotage se trouvait celui du motoriste puis de l’opérateur radio équipé d’un émetteur-récepteur AR8/RA320 ter et d’un radiogoniomètre P63N. Enfin, à l’arrière du fuselage étaient installés deux appareils photographiques pour relevés planimétriques AL 30 et AGR 61. La version de reconnaissance était dotée de 6 appareils photographiques Robot.

Le poste du bombardier situé à l'extrémité avant de la gondole ventrale. Volant de commande des dérives dans le poste du bombardier. Cockpit en tandem vu depuis le poste du copilote.
Tableau de bord du pilote. Tableau de bord du copilote. Flanc droit du poste de pilotage.
Poste du motoriste sur la gauche du fuselage, derrière le cockpit. Poste de l'opérateur radio situé derrière celui du motoriste.

Pour son auto-défense, le Z.1007 bis disposait d’une tourelle dorsale Caproni-Lanciani Delta I armée d’une mitrailleuse Scotti de 12,7 mm, d’une mitrailleuse Scotti de 12,7 mm à l’arrière de la gondole ventrale et de deux mitrailleuses Breda SAFAT de 7,7 mm tirant par les sabords latéraux. La tourelle dorsale Delta I fut remplacée par une Breda V armée d’une mitrailleuse Breda SAFAT de 12,7 mm et équipée d’un viseur San Giorgio à partir de l’automne 1942 sur la série XI (14 exemplaires de cette série retinrent cependant la tourelle Delta).

L’armement offensif comprenait jusqu’à 1200 kg de bombes logées horizontalement dans la soute située dans la gondole ventrale sous le fuselage. Les râteliers placés sous les ailes pouvaient emporter jusqu'à 1000 kg de projectiles supplémentaires. Cependant, pour obtenir un rayon d'action de l'ordre de 1000 km, l'emport normal se limitait à 900-1000 kg de bombes. Pour leur largage, le bombardier disposait d’un viseur Jozza U3.

Cette photo d'un appareil de la 176a sq. RST accidenté à l'atterrissage à Palerme Boccadifalco permet de distinguer la tourelle dorsale Caproni-Lanciani Delta I. Cant Z.1007 bis série XI caractérisé par sa tourelle Breda V et la nouvelle prise d'air du carburateur. Mitrailleuses Breda SAFAT de 7,7 mm sur les flancs du fuselage.
Chargement des bombes en soute. Au premier plan, le poste du bombardier. Soute à bombes chargée de 12 projectiles de 50 kg. Bombes de 50 kg sous les râteliers d'aile.
Mise en place de bombes photo-éclairantes sous les ailes d'un appareil de la 261a sq. Cant Z.1007 bis monodérive armé de bombes de 50 kg sous les ailes. Cant Z.1007 bis monodérive chargé d'une bombe de 250 kg sous l'aile gauche.

Cant Z.1007 ter

En 1942, le Cant Z.1007 bis MM.24558, dernier appareil de la série VIII, fut modifié selon la configuration prévue pour le Z.1007 ter, avec trois moteurs Piaggio P.XIX RC45 de 1180 ch. Les essais du MM.24558 commencèrent le 9 mai 1942 à Guidonia. Malgré l'augmentation de la masse à vide, sa nouvelle motorisation lui permettait d'atteindre une vitesse de 490 km/h à 6150 m, d’afficher un temps de monter à 5000 m de 10’44’’, tandis que son plafond opérationnel était relevé à 9 050 m.

Le ministère passa une première commande de 50 exemplaires aux CRDA le 25 mai 1942, et les premiers Z.1007 ter de la série XII commencèrent à être livrés aux unités à la fin de l’année 1942. Par manque de moteurs P.XIX RC45, les 10 premiers Z.1007 ter (MM.25398-25407) conservèrent les P.XI bis RC40 de leurs prédécesseurs. Sur les 89 exemplaires produits par les CRDA et Piaggio de Finale Ligure, seuls 41 appareils de la série XII et 12 de la série XIII furent livrés à la Regia Aeronautica avant l'armistice.

Les Z.1007 ter se distinguaient extérieurement des Z.1007 bis part la forme de leur capot moteur et la présence de casseroles d’hélice. Le viseur Jozza U3, totalement dépassé, fut remplacé par un Lofte 7C de production allemande à partir du 26ème appareil.

Ravitaillement en carburant pour ce Cant Z.1007 ter du rgpt. Bombardamento. La version ter se distingue immédiatement par la présence des casseroles d'hélice. Le Cant Z.1007 ter MM.25434 fut utilisé par l'Aeronautica Militare jusqu'en novembre 1948.

Carrière opérationnelle

Les premiers exemplaires du Cant Z.1007 Asso commençèrent à intégrer le 16° St. sur le terrain de Vicence au mois de mai 1939. À la fin de l'année, 31 appareils avaient été pris en charge, répartis entre le 50° Gr. (210a et 211a sq.) et le 51° Gr. (212a et 213a sq.). La familiarisation des équipages, habitués au plus rustique S.81, demanda du temps. Au moment de l'entrée en guerre, le 16° St. ne fut pas mobilisé avant d'avoir été rééquipé de Cant Z.1007 bis, qui commencèrent à substituer les Asso du 50° Gr. fin juillet 1940.

Cant Z.1007 de la 212a sq, 51° Gr, en vol au-dessus de Vicence le 7 août 1940. Cant Z.1007 de la 213a sq, 51° Gr, en vol avant guerre, comme l'indique la dérive tricolore. Cant Z.1007 Asso du commandant de la 213a sq.
Ce Cant Z.1007 Asso de la 213a sq. a terminé sa course dans le fleuve Bacchiglione. Cant Z.1007 Asso de l'école de bombardement d'Aviano.

Au 10 juin 1940, la seule unité à disposer de Cant Z.1007 bis était le 47° St. (106° et 107° Gr.), avec 4 appareils sur lesquels le personnel venait juste de démarrer la formation. Les livraisons s'accélérèrent durant l'été si bien que le 106° Gr. put se transférer sur sa base opérationnelle de Trapani-Milo en août 1940. Le baptême du feu du Cant Z.1007 bis se déroula au-dessus de Malte le 29 août.

En septembre 1940, la 172a sq.RST avec 5 Cant Z.1007 bis fut mise à la disposition du CAI sur le terrain de Chièvres (Belgique) pour opérer contre l'Angleterre. L'absence de dispositif de dégivrage sur les ailes et les moteurs réduisit l'activité des trimoteurs, dont un fut perdu au décollage à Francfort durant le voyage de retour.

Cant Z.1007 bis de la 261a sq, 106° Gr, 47° St, lors d'une mission de bombardement sur Malte. MM.22377 de la 172a sq.RST sur le terrain de Chièvres en octobre 1940. Essais moteurs pour le MM.22377 à Chièvres en janvier 1941.

Pour l’offensive contre la Grèce, le 47° St. et le 50° Gr. du 16° St., équipés de 44 Cant Z.1007 bis, furent envoyés en octobre 1940 en Pouille, à Grottaglie et Brindisi, suivis par les 16 trimoteurs du 41° Gr. (12° St.) de Muti le 5 novembre, remplacé en janvier 1941 par le 95° Gr. du 35° St.BT.

Durant la contre-offensive grecque, les trimoteurs furent employés pour appuyer les troupes au sol, et tenter d’enrayer l’avance grecque. Malgré le manque d’escorte, les mitrailleuses défensives se révélèrent efficaces face aux chasseurs grecs ou anglais. Les Cant Z.1007 bis effectuèrent également plusieurs missions sur la Yougoslavie. Cinq appareils seulement furent perdus durant les campagnes de Grèce et de Yougoslavie. Le 6 avril 1941, le 47° St. fut transféré sur le terrain d'Athènes Tatoi.

Appareils de la 231a sq, 95° Gr, 35° St.BT au départ d'un aérodrome de Pouille pour une mission contre la Grèce. Cant Z.1007 bis de la 230a sq, 95° Gr, 35° St.BT en vol au-dessus de la Pouille.
Trimoteurs de la 230a sq, 95° Gr, 35° St.BT survolant Brindisi en direction du front grec. Cant Z.1007 monodérive de la 236a sq, 107° Gr, 47° St sur le terrain d'Athènes Tatoi.

Avec l'augmentation de la production, de nouvelles unités purent être transformées sur Cant Z.1007 bis, comme le St. (29° et 33° Gr.), reconstitué à Viterbe le 10 mai 1941 avec 32 appareils. Après avoir suivi un cours de vol sans visibilité, les équipages et leurs machines furent transférés en Sicile fin août pour mener des missions tant diurnes que nocturnes sur Malte et la Méditerranée centrale.

Appareils du 33° Gr, 9° St lors d'un vol d'entraînement. Trimoteurs de la 59a sq, 33° Gr, 9° St alignés sur le terrain de Viterbe en août 1941.

En mars 1941, la 175a sq.RST fut transférée en Libye sur Cant Z.1007 bis. La 176a sq.RST lui donna le change en novembre 1941, avec 5 puis 10 appareils en mars 1942. L'escadrille fut cependant dissoute en avril 1942, avec l'arrivée à Barce des 32 trimoteurs du 35° St. formé du 86° Gr. (190a et 191a sq.) et du 95° Gr. (230a et 231a sq.). Leur activité débuta par des missions nocturnes contre Tobrouk, puis contre des objectifs en Égypte. Le 86° Gr. fut retiré d'Afrique après la bataille d'El Alamein, en décembre 1942, et le 95° Gr. en janvier 1943, après avoir subi de lourdes pertes à cause des bombardements mais aussi de l'activité des commandos ennemis en Cyrénaïque.

Cant Z.1007 bis de la 175a sq.RST en Afrique du Nord. Il porte encore l'insigne de son ancienne escadrille, la 172a sq.RST. Appareil de la 191a sq, 86° Gr, 35° St en vol de reconnaissance sur l'Égypte. Trimoteur de la 190a sq, 86° Gr, 35° St en vol au-dessus de la Méditerranée.

Le Cant Z.1007 bis MM.23369 gagna le front russe en septembre 1941 au sein d'une unité cinématographique pour filmer les appareils du 22° Gr. CT. Cette unité fut transformée en Sezione Autonoma Aerofotografica en mars 1941 et reçut en mai un second Cant Z.1007 bis, le MM.24273.

Le trimoteur de Zappata participa activement à la guerre aéronavale en Méditerranée à partir de la Sicile, de la Sardaigne, de la Libye et des îles de la mer Egée. Dans ce dernier secteur opéra le 41° Gr. entre septembre et novembre 1940 avec 15 appareils, relayés par 3 rescapés de la 172a sq.RST le 5 mars 1941. Ces derniers furent rejoints le 14 avril par les 13 trimoteurs du 50° Gr. (16° St.). Le 21 mai, un Cant Z.1007 bis d'une formation de 5 appareils coula le contre-torpilleur HMS Juno de la classe J au sud de la péninsule grecque. Le 28 août 1941 arrivèrent les 30 trimoteurs du 47° St. (106° et 107° Gr.) sur la base de Rhodes, prélude au rapatriement du 50° Gr. le 6 septembre et à la dissolution de la 172a sq.RST le 14 septembre. Le 47° St. fut relevé à l'été 1942 par le 30° St., composé du 90° Gr. basé à Gadurrà et du 87° Gr. à Kalamaki, en Grèce.

Depuis la Sardaigne, le St. (29° et 33° Gr.) participa à la bataille aéronavale de la mi-juin 1942. Les Alcione du 50° Gr. se retrouvèrent quant à eux basés en Sicile, d'où ils menèrent de nouvelles opérations nocturnes contre Malte à partir d'octobre 1942 en compagnie des appareils des 33° et 88° Gr. basés à Castelvetrano. Pour mener à bien les missions nocturnes, les appareils recevaient une peinture noire sur les intrados, les insignes de nationalité étaient obscurcis et des pare-flammes étaient installés en sortie des pipes d'échappement.

Appareil de la 172a sq.RST à Rhodes. Alcione de la 204a sq en cours de maintenance à Rhodes. Ces trimoteurs de la 263a sq, 107° gr, 47° St basés à Maritza (Rhodes) ont reçu leur livrée nocturne.
Formation de Cant Z.1007 bis bidérives en vol.
(crédits photo : archives Aymeric Lopez)
MM.23396 de la 8a sq, 25° Gr, 7° St à Sciacca (Sicile) en 1942. MM.24540 de la 60a sq, 33° Gr, 9° St en Sicile. La bande blanche de fuselage et les croix sur les dérives ont été obscurcies.
Libéré de ses cales, ce Cant Z.1007 bis de la 194a sq, 90° Gr, 30° St est sur le point de partir pour une longue mission en mer. Le personnel au sol achève d'obscurcir les intrados du trimoteur MM.23329 sur le terrain de Trapani-Milo en septembre 1941. Cet appareil de la 261a sq, 106° Gr, 47° St a reçu les pare-flammes sur ses pipes d'échappement pour les missions nocturnes.

Durant le débarquement allié en Afrique du Nord puis la bataille de Tunisie, les Cant Z.1007 bis des 50°, 51° et 55° Gr. étaient déployés en Sardaigne et ceux des 23°, 25° et 88° Gr. en Sicile. Ces unités enregistrèrent de lourdes pertes durant les missions nocturnes à cause des radars alliés qui dirigeaient la chasse sur les bombardiers. Entre janvier et avril 1943, la disponibilité moyenne d'Alcione en Sardaigne passa de 23 à 16 appareils, et de 14 à 6 en Sicile.

Au moment de l'opération Husky, on ne comptait plus que 31 Cant Z.1007 en charge au sein du Raggruppamento Bombardamento formé le 28 mai 1943 à Pérouse, dont 20 opérationnels, 30 autres sur le continent dont 2 seulement opérationnels, 5 dont 4 opérationnels en Sardaigne et 19 dont 6 opérationnels en mer Egée. En septembre 1943, il ne restait que 72 Cant Z.1007 bis et ter, toutes unités confondues.

Cant Z.1007 bis à Pescara en 1943. On reconnaît derrière un Junkers Ju-52 de la Luftwaffe.
(crédits photo : Gianni Mantelli)
Cant Z.1007 bis bidérive adapté aux missions nocturnes. Appareil de la série XI avec tourelle Breda V appartenant au Raggruppamento Bombardamento à Pérouse Sant'Egido.

L'Alcione après l'armistice

Suite à l'armistice, les Allemands s'emparèrent d'un total de 88 Cant Z.1007 dont ils n'utilisèrent qu'un faible nombre dans des unités de seconde ligne. En décembre 1943, 3 Cant Z.1007 ter furent cédés aux Croates, suivis de 4 autres en février 1944. La sq.Aut.BT Ettore Muti de l'ANR, constituée le 15 juin 1944, reçut pour quelques temps 17 Cant Z.1007 ter, mais elle ne les employa jamais en opération. Deux ou trois autres appareils furent en charge au sein du Reparto Aereo Collegamento (unité de liaison de l'ANR).

Cant Z.1007 ter de la Luftwaffe photographié en Allemagne en 1944. Cant Z.1007 bis de la sq.Aut.BT Ettore Mutti. On aperçoit un Savoia S.79 au fond. Ce Cant Z.1007 ter de l'ANR photographié à Lonate Pozzolo porte les insignes de la Luftwaffe sur le fuselage pour faciliter l'identification par la DCA.

Le 11 septembre 1943, les 31 Z.1007 du Raggruppamento Bombardamento de Pérouse réussirent à gagner Alghero au nez et à la barbe des Allemands, qui en abattirent cependant deux au-dessus des bouches de Bonifacio. L'Aeronautica Cobelligerante employa ses Cant Z.1007 au sein du 88° Gr. puis du Raggruppamento Bombardamento e Trasporti de Lecce dans des missions de ravitaillement des unités partisanes et italiennes dans les Balkans. En 14 mois d'activité, les Alcione aux cocardes tricolores perdirent 25 d'entre eux : il n'en restait que 12 en mai 1945.

Cant Z.1007 bis de la 265a sq, 88° Gr en partance pour une mission de ravitaillement des partisans yougoslaves. Ce Cant Z.1007 bis de la 240a sq, 98° Gr porte le drapeau tricolore sur les dérives. Cette pratique fut interdite suite à l'accord du 21 septembre 1943 sur l'identification des appareils cobelligérants. Décollage du Cant Z.1007 ter MM.25433 (série XII) dont le numéro individuel est reporté sur la dérive.

Après-guerre, cinq Cant Z.1007 rescapés furent utilisés pour l'entraînement des équipages, le dernier d'entre eux étant démolis en 1949. Ainsi, aucun exemplaire de cet élégant trimoteur ne nous est parvenu...

Récapitulatif de la production
SérieQuantitéDatesMM.UsineRemarque
Cant Z.1007 Asso
Série I 18 1938-1939 20687-20704 CRDA -
Série I 16 1938-1939 21205-21220 CRDA -
Cant Z.1007 bis
Série I 8 - 21221-21228 CRDA -
Série I 26 - 21655-21680 CRDA -
Série II 32 - 22363-22394 CRDA -
Série III 20 - 22143-22162 CRDA -
Série IV 100 - 23278-23377 CRDA Exemplaires bidérives de série à partir du MM.23289
Série V 36 - 23728-23763 CRDA Introduction des moteurs P.XI bis à partir du MM.23747
Série VI 54 - 23378-23431 IMAM -
Série VI 20 - 23432-23451 IMAM -
Série VII 50 - 24240-24289 CRDA -
Série VIII 30 - 24529-24558 CRDA -
Série IX 26 - 24610-24637 IMAM -
Série X 50 - 24720-24769 CRDA -
Série XI 50 - 24772-24821 CRDA Substituion de la tourelle dorsale Delta I par une Breda V à partir du MM.24792
Cant Z.1007 ter
Série XII 50 - 25398-25447 CRDA 41 premiers (jusqu'au MM.25438) livrés à la Regia Aeronautica avec moteurs P.XI, suivants saisis par les Allemands
Série XIII 50 - 24927-24976 Piaggio 12 livrés à la Regia Aeronautica, 19 saisis par les Allemands
Série XIV 25 - 25473-25497 CRDA MM.25473 à 25481 saisis par les Allemands
Série XV 50 - 25498-25547 Piaggio Non produits
Série XVI 50 - 25598-25647 CRDA Commande réduite à 35 exemplaires, complétés à 50% au 8 septembre 1943
Série XVII 50 - 25648-25697 Piaggio Non produits
Fiche technique
 Cant Z.1007Cant Z.1007 bis séries I à III (monodérive)Cant Z.1007 ter
Longueur 16,15 m 18,47 m 18,60 m
Envergure 24,80 m 24,80 m 24,80 m
Hauteur au sol 5,05 m 5,22 m 5,65 m
Surface alaire 75,3 m2 75,3 m2 75,3 m2
Masse à vide 8300 kg 9396 kg 9447 kg
Masse maximale au décollage 12 300 kg 13 621 kg 15 500 kg
Équipage 4 5 5
Motorisation 3 Isotta Fraschini Asso XI RC40
Puissance nominale : 836 ch unitiares
Puissance au décollage : 860 ch unitaires
3 Piaggio P.XI RC40
Puissance nominale : 1000 ch unitaires
Puissance au décollage : 1100 ch unitaires
3 Piaggio P.XIX RC45
Puissance nominale : 1180 ch unitaires
Plafon opérationnel 6650 m 8400 m 9050 m
Vitesse maximale 430 km/h à 5000 m 458 km/h à 4600 m 490,5 km/h à 6150 m
Distance franchissable 2800 km avec 500 kg de bombes 2000 km avec 900 kg de bombes 2250 km avec 900 kg de bombes
Course au décollage - 500 m -
Course à l'atterrissage - 500 m -
Armement 1 mitrailleuse de 12,7 mm (coups)
1 mitrailleuse de 7,7 mm
500 kg de bombes (800 kg maximum)
2 mitrailleuses de 12,7 mm (coups)
2 mitrailleuses de 7,7 mm (coups)
1200 kg de bombes en soute (1000 kg externes)
2 mitrailleuses de 12,7 mm (coups)
2 mitrailleuses de 7,7 mm (coups)
Jusqu'à 2200 kg de bombes
Profil de Cant Z.1007 Asso. Profil de Cant Z.1007 bis série III. Profil de Cant Z.1007 bis série V.
Profil de Cant Z.1007 ter série XII. Cant Z.1007 Asso de la 213a sq, 51° Gr, 16° St. Cant Z.1007 bis de la 262a sq, 107° Gr, 47° St.
Cant Z.1007 bis de la 62a sq, 9° St. Cant Z.1007 bis de la 261a sq, 106° Gr, 47° St. Cant Z.1007 ter de l'Aeronautica Cobelligerante.
Sources :
  • Tutti gli aerei del Re, Max Vinerba, 2011
  • Le Officine aeronautiche CANT 1923-1945, Giancarlo Garello & Decio Zorini, Aeronautica Militare Ufficio Storico, 2003
  • C.R.D.A Cant Z 1007, Giancarlo Garello, Ali d'Italia n°18, 2002
  • Dimensione cielo bombardieri n°5, Emilio Brotzu, Michele Caso & Gherardo Cosolo, Edizioni Bizzarri, 1973
  • Nei cieli di guerra, La Regia Aeronautica a colori 1940-45, Giorgio Apostolo, Giorgio Apostolo Editore, 1998
  • Nei cieli di guerra, Ventennale della Regia Aeronautica, Ermanno Albertelli Editore, 2011
  • Regia Aeronautica : periodo prebellico e fronti occidentali, Angelo Emiliani, Giuseppe F. Ghergo & Achille Vigna, Intergest, 1975
  • Regia Aeronautica : I fronti africani, Angelo Emiliani, Giuseppe F. Ghergo & Achille Vigna, Intergest, 1979
  • Regia Aeronautica Italiana, The Royal Italian Air Force 1923-1945, Dr. Spencer Anthony Coil & Dr. Renato Zavattini, Schiffer Military History, 2009
  • Camouflages and Markings of the Aeronautica Nazionale Repubblicana 1943-1945, Ferdinando D’Amico & Gabriele Valentini, Classic Publications, 2005
  • Il Cant Z.1007 "Alcione", La storia dell'indovinato e diffuso bombardiere della Regia Aeronautica, Giancarlo Garello, Storia Militare n°20, 1995
  • Una drammatica missione notturna del tenente pilota Francesco Cajani, Giovanni Massimello, Aerofan n°61, 1997
  • Guerre sur le désert, La Regia Aeronautica au combat 1940-1943 (3e partie), Giancarlo Garello, Batailles Aériennes n°60, 2012
Pour reproduire cet appareil :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Broplan 1/72 MS97 CRDA Cant Z.1007 Asso -
Supermodel 1/72 10-005 Cant Z.1007 bis Alcione bideriva Maquette d'Aymeric Lopez
Supermodel 1/72 10-006 Cant Z.1007 bis Alcione monoderiva -
Alpha Flight 1/48 AF4802 CRDA Cant Z.1007 bis "Alcione" Maquette de Jean Barby

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Re: Cant Z.1007 Alcione -- laurent de beauvais
Wednesday, 24 May 2017 18:57
Bonjour.

Encore une photo couleur de ce bombardier. Cette fois-ci, c'est la 210ième Squadriglia qui pose pour la postérité.

Amicalement.

Laurent

1705240812458646615058851.jpg
Re: Cant Z.1007 Alcione -- laurent de beauvais
Tuesday, 23 May 2017 15:46
Bonjour.

Encore une autre photo couleur de cet avion.

Amicalement.

Laurent

1705230544138646615056725.jpg
Re: Cant Z.1007 Alcione -- laurent de beauvais
Sunday, 12 February 2017 16:52
Bonjour.

Et non, je n'ai pas d'infos sur le lieu et la date. Désolé. Mais peut être qu'un visiteur du forum pourra nous éclairer...

Amicalement.

Laurent
Re: Cant Z.1007 Alcione -- aymeric
Monday, 06 February 2017 16:42
Superbe ! Merci Laurent, je ne la connaissais pas. Sais-tu où et quand elle a été prise ?
Re: Cant Z.1007 Alcione -- laurent de beauvais
Sunday, 05 February 2017 11:23
Bonjour à tous.

Une autre belle photo en couleur de cet oiseau.

Amicalement.

Laurent

1702051156528646614825680.jpg

Lu 20652 fois Dernière modification le mardi, 29 octobre 2013 22:11

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