Motosiluranti tipo CRDA 60 t



Motosilurante MS 36 probablement photographiée lors des essais en mer au large de Monfalcone en juillet 1942.
(crédits photo : DR via Aymeric Lopez)


Fiche technique (2a serie)
Déplacement : 68 tonnes
Longueur : 28,0 m
Largeur : 4,3 m
Tirant d'eau : 1,7 m
Moteur : 3 moteurs Asso 1000 à explosion, 3300 CV, 3 hélices
Vitesse : 31 noeuds
Armement : 2 mitrailleuses de 20/65, 2 fusils-mitrailleurs de 6,5 mm, 2 tubes lance-torpilles de 533 mm, 2 de 450 mm, 2 rampes pour 8 bombes de profondeur
Equipage : 1 officier, 18 sous-officiers et matelots


    Les vedettes lance-torpilles italiennes virent le jour au printemps 1941, lorsque les chantiers CRDA (Cantieri Riuniti dell'Adriatico di Monfalcone) lancèrent un projet pour reproduire les vedettes allemandes "S 2" dont 6 exemplaires venaient d'être capturés en Yougoslavie. Les quelques modifications apportées aux unités allemandes résidaient dans l'armement et dans la motorisation, cette dernière étant assurée par les excellents Asso 1000 à explosion ayant déjà fait leurs preuves sur les Mas.

    Afin de remplacer les Mas, jugés trop légers, la Regia Marina passa commande aux CRDA le 25 juin 1941 d'une première série de 18 motosiluranti, immatriculées MS 11 à 27. Leur construction débuta en septembre, et en juin 1942, au moment des essais en mer, les unités furent renumérotées MS 11 à 16, 21 à 26 et 31 à 36, pour différencier leur squadriglia d'appartenance. Mais très vite cette numérotation ne correspondit plus à la réalité de la composition des escadrilles.
    Les motosiluranti de la série 1 entrèrent en service entre avril et août 1942, révélant des prestations supérieures à celles de type "S 2", notamment grâce à la plus grande fiabilité de leurs moteurs. A cause du manque de mitrailleuse Breda de 20/65, cet armement fut remplacé sur certaines unités par des Breda mod.30 de 6,5 mm, substitués en 1943 par des Breda mod.37 de 8 mm.

    En juin 1942, satisfaite du résultat, la Regia Marina ordonna la construction d'une seconde série de 18 vedettes lance-torpilles, immatriculées MS 51 à 56, 61 à 66 et 71 à 76. L'expérience acquise sur les exemplaires de série 1 permit d'apporter les améliorations suivantes : rehaussement de la proue, adoption de nouveaux tubes lance-torpilles de 533 mm et ajout de deux tubes de 450 mm. Quelques unités furent aussi équipées à titre expérimental : la MS 73 embarqua un moteur auxiliaire, la MS 76 fut propulsé par trois moteurs ASM 185 de 1500 CV chacun (lui permettant d'atteindre 35 noeuds), et les MS 74 et 75 furent modifiées pour permettre le transport de matériels d'assaut de la Xa Mas. Toutes les unités de la série 2 entrèrent en service en février et juin 1943, sauf la MS 76, encore en phase d'essais au moment de l'armistice.


Vue arrière de la MS 15.
(crédits photo : DR via Aymeric Lopez)
MS 35 en 1943.
(crédits photo : DR via Aymeric Lopez)
MS 34 de la 1a flottiglia quittant Mazara del Vallo début 1943.
(crédits photo : Erminio Bagnasco)
MS 53 de la série 2 à Monfalcone en février 1943.
(crédits photo : Erminio Bagnasco)


    Les motosiluranti participèrent avec succès à la bataille de mi-août 1942 contre le convoi anglais Pedestal, avec une dizaine de Mas et quatre Schnellboote allemandes. En embuscade dans le canal de Sicile, les motosiluranti italiennes endommagèrent dans la nuit du 12 au 13 août le croiseur HMS Manchester (touché par la MS 16 ou 22) et coulèrent le cargo Glenorchy (torpillé par la MS 31). Durant la campagne de Tunisie et la bataille de Sicile, les vedettes lance-torpilles italiennes furent impliquées dans des combats nocturnes contre des navires, mais surtout contre des unités similaires des marines alliées. Elles effectuèrent également des missions de débarquement d'informateurs et saboteurs derrière les lignes ennemies. Entre l'été 1942 et l'été 1943, 12 MS furent perdues, toutes causes confondues.

    Au moment de l'armistice du 8 septembre 1943, une dizaine de motosiluranti se trouvant en cale sèche furent sabotées ou abandonnées aux Allemands, qui en réarmèrent certaines et en passèrent d'autres à la Marina Nazionale Repubblicana. Les MS 74 et 75 furent utilisées respectivement par les marines du Sud et du Nord et survécurent au conflit.

    Après la fin de la guerre, 5 vedettes furent cédées à l'URSS et à la France en réparation des dommages de guerre. Les unités restantes furent rebaptisées motovedette (MV) et continuèrent de servir dans la Marina Militare. Les ex-MS 24, 31, 54 et 55 subirent une refonte importante à la fin des années 1950 et restèrent en service jusqu'à la fin des années 1970.


    Quoique dérivées de vedettes allemandes déjà dépassées, les motosiluranti italiennes représentèrent un net progrès par rapport aux Mas, et n'avaient rien à envier à leurs homologues britanniques et américains par rapport auxquels elles tenaient mieux la mer.



Bibliographie et webographie :
- Le Navi da Guerra Italiane 1940-1945, Ermanno Albertelli Editore, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, 2005
- Motosiluranti nello Jonio, Tullio Marcon, Storia Militare n°82, juillet 2000 (pp.25-35)


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