Obice da 210/22



Obice da 210/22 mod.35 en batterie.


    Afin de remplacer les pièces d'artillerie lourde à tir en cloche de la Grande Guerre, qui pêchaient par leur manque de mobilité et leur temps de mise en batterie (la préparation du terrain nécessaire avant leur emploi en faisaient presque des pièces de position), l'inspection générale de l'artillerie italienne décida de lancer des études pour la fabrication d'un nouvel obusier de 210 mm en 1929.
    Le cahier des charges pour cette nouvelle pièce prévoyait notamment un temps de mise en batterie d'une heure environ, une portée de 15 km, de larges secteurs de tirs et la possibilité de la tracter en deux attelages, en montagne si nécessaire.
    Sur les trois projets présentés, ce fut celui de la DSSTAM (Direzione del Servizio Tecnico Armi e Munizioni) qui retint l'attention, et dont un prototype fut commandé en 1932 à l'arsenal Ansaldo. De son côté, la firme OTO construisit également un prototype selon les directives du projet de la DSSTAM, sous le nom d'obusier de 210/21. Réalisée en 12 mois, cette pièce fut testée avant le prototype Ansaldo, dénommé obuiser de 210/22. Cependant, c'est ce dernier qui présenta les meilleures caractéristiques et qui fut donc retenu définitivement en 1935.

    Cet obusier, première pièce d'artillerie lourde à déformation intégralement conçue en Italie, présentait plusieurs solutions innovantes. En position de marche, l'obusier reposait sur 4 roues à pneus pleins lui assurant une bonne mobilité, alors que pour le tir, la pièce était abaissée au niveau du sol, et reposait donc sur une plate-forme permettant une nette diminution de la pression encaissée par le terrain. Le temps de mise en batterie n'excédait pas 30 minutes. En revanche, le poids de l'attelage contenant l'affût (plus de 10 tonnes) limitait la mobilité de la pièce en montée ou en tout terrain.

Prototype Ansaldo de l'obusier de 210/22. Présentation au roi du nouvel obusier.
(crédits photo : USSME)


    Bien que la pièce Ansaldo ait été préférée à l'OTO, c'est cette dernière qui empocha la première commande pour 12 obusiers passée en 1935. Ansaldo dut attendre 1937 avant de recevoir une commande portant sur 12 pièces également. En mars 1940, le Regio Esercito disposait de 16 obusiers de 210/22 mod.35, tandis que 8 autres avaient été vendus à l'armée hongroise, qui le préférait au mortier allemand Krupp de 21 cm M18. Les Hongrois fabriquèrent ensuite 28 autres pièces sous licence OTO. En 1939, OTO reçut une nouvelle commande de 66 obusiers, réduite à 46 en février 1941 à cause du manque de matières premières.

    La première unité d'obusier de 210/22, le 73° gruppo, fut constituée auprès du 5° reggimento artiglieria d'armata de Vérone en septembre 1940. Cependant, ce groupe fut privé de tracteur jusqu'en 1941. Cette même année, une nouvelle batterie de 210/22 fut constituée par le 1° reggimento artiglieria d'armata de Turin.
    Le 73° gruppo fut la seule unité de 210/22 à être employée en opération, d'abord en Yougoslavie puis en URSS au sein du 9° raggruppamento de la 8a armata. Sa dotation théorique comprenait 12 obusiers répartis sur 3 batteries. Aucun d'eux ne revint en Italie.

    La dernière unité créée avant l'armistice du 8 septembre 1943 fut le 74° gruppo, constituée au dépôt du 2° reggimento artiglieria d'armata d'Alexandrie. Entre 1943 et 1944, les troupes allemandes reçurent 22 pièces, qu'ils connaissaient sous la dénomination 21 cm H-520(i). Après guerre, l'armée italienne le conserva jusqu'en 1969.


Attelage de la bouche de feu tracté par un Breda 32.
(crédits photo : USSME)
Obusiers de 210/22 du 73° gruppo capturés par les Russes en décembre 1942 à Arbuzovka.


    L'obusier de 210/22 fut très apprécié par ses utilisateurs. Il était comparable, voire supérieures aux pièces étrangères, comme le Krupp de 21 cm M18, qui pesait une tonne de plus et avait une portée inférieure d'un kilomètre à la pièce italienne, ou encore l'obusier chenillé russe de 203 mm mod.31, qui avait des secteurs de tirs plus réduits.


Caractéristiques techniques
Longueur de la bouche de feu : 5 m
Poids total en batterie : 15885 Kg
Secteur de tir vertical : de 0° à +70°
Secteur de tir horizontal : 75°
Cadence de tir : 1 coup toutes les 2 à 3 minutes
Vitesse initiale du projectile : 560 m/s
Portée : 15,5 Km


Bibliographie :
-  Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998


Retour au
photoscope Regio Esercito