Obice da 149/19



Obusier de 149/19 en fin de construction à l'usine OTO.


    Le problème du remplacement des pièces d'artillerie de corps d'armée remontant à la première guerre mondiale fut posé dès 1929 par l'Ispettorato dell'Arma di Artiglieria. Il s'agissait de palier aux faiblesses du canon de 105/28 et des obusiers de 149/12 et 149/13 alors en charge dans les régiments d'artillerie de corps d'armée. Les nouvelles armes devaient être aptes à la traction mécanisée et disposer d'une puissance de feu et d'une portée supérieure à celles de leurs prédécesseurs.

    Concernant le nouvel obusier, les études ne débutèrent qu'après 1930. La DSSTAM (Direzione del Servizio Tecnico Armi e Munizioni) exigeait entre autre de cette nouvelle pièce une portée minimale de 14 km, un poids en batterie de 5,5 tonnes et une course de 70°. Les firmes Ansaldo et OTO présentèrent chacune un prototype en 1933, qui furent tous deux rejetés pour leur poids excessif, leur faible manoeuvrabilité et leur temps de mise en batterie élevé. Les deux concurrents développèrent alors de nouveaux prototypes entre 1934 et 1935. Mais ces nouvelles arment ne convirent pas entièrement les autorités, qui demandèrent aux industriels de les modifier pour l'automne 1936. C'est finalement OTO qui sortit vainqueur de ce duel de longue halène, lorsque son projet fut homologué en 1937.

    Un premier lot de 16 exemplaires de présérie fut commandé en 1938. La commission d'évaluation demanda d'autres modifications, retardant encore la mise au point de l'obusier. Ce n'est qu'à la fin de l'année 1941 qu'OTO et Ansaldo commencèrent la production en série.


Le prototype OTO de 1933 de l'obusier de 149/19. Autre prototype du 149/19 avec plate-forme d'appui sur le terrain.
(crédits photo : USSME)
Obusier de 149/19 mod.37 de série. Gros plan sur le dispositif de pointage.
(crédits photo : USSME)


    Au cours de la guerre, OTO réalisa un total de 320 obusiers de 149/19, et Ansaldo en produisit 42 en 1942 et 74 durant les 6 premiers mois de 1943. En juin 1943, le Regio Esercito disposait de 20 groupes d'artillerie armés du 149/19, plus 7 autres en cours de transformation. A cause de la lenteur dans sa mise au point, l'obusier ne connu son baptême du feu qu'en juillet 1943, en Sicile. Les 5 groupes qui y étaient déployés confirmèrent les excellentes prestations de cette arme, comparable à celles de l'obusier M1 de 155 mm américain. Sa précision de tir restait très bonne, même à longue portée.

    Après l'armistice du 8 septembre 1943, 13 obusiers de 149/19 furent encore produits pour le compte des Allemands, qui le rebaptisèrent 15 cm sFH-404(i). Au sud, il fut employé par le 1° raggruppamento motorizzato et par le Corpo Italiano di Liberazione, dont le 176° gruppo participa à la bataille de Filottrano.
    Au nord, l'obusier de 149/19 servit au sein du II° gruppo du 4° Rgt Artiglieria de la division Italia, du IV° gruppo artiglieria da campagna du 2° Rgt Artiglieria de la division Littorio, du IV° gruppo traino meccanico du 3° Rgt Artiglieria de la San Marco et du I° gruppo artiglieria da Postazione Costiera sur la côte ligure.

    L'obusier de 149/19 resta en service bien après la fin de la guerre puisqu'il ne fut radié des effectifs de l'armée italienne qu'en 1974.


Obusier de 149/19 et ses servants lors d'un entraînement en Italie en 1942.


Caractéristiques techniques
Longueur de la bouche de feu : 3,034 m
Poids total en batterie : 6260 Kg
Secteur de tir vertical : de -3° à +60°
Secteur de tir horizontal : 50°
Cadence de tir : 2-3 coups/minute
Vitesse initiale du projectile : 597 m/s
Portée : 14,2 Km


Bibliographie :
-  Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998
- Le forze armate della RSI 1943-45, Carlo Cucut, GMT, 2005

Pour reproduire cette pièce d'artillerie :

Echelle Fabricant Référence et désignation
1/76 SMA SSP071 Italian 149/19 mod.41 heavy howitzer


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