Cannone da 47/32

Canon de 47/32 mod.35 conservé au
Sacrario Caduti d'Oltremare, à Bari, dans les Pouilles.
(crédits photo : Giuseppe Cal
ò)
Le
canon de 47/32 fut la pièce d'artillerie antichar et de soutient
la plus répandue dans l'armée italienne de la seconde
guerre mondiale. D'origine autrichienne, le canon de 47/32 avait
été conçu par la firme Böhler et fut
adopté par l'Esercito en 1935, pour remplacer le canon de 65/17,
jugé trop lourd et encombrant pour les nécessités
de l'infanterie. La pièce Böhler, quant à elle,
accumulait les bons points : légère, petite,
démontable donc facilement transportable sur les terrains
difficiles, d'une grande précision dans le tir en pointage
direct, tout celà en faisait l'une des meilleures armes
antichars de l'époque. Avec sa capacité de perforation de
40 mm, elle était alors capable de mettre hors de combat
n'importe quel char.
La pièce Böhler testée en Italie en 1935 avait des
roues à rayons dotées de pneus, des boucliers de
protection pour les servants à mettre en place lorsque le canon
était en batterie et un avant-train porte-munitions. La version adoptée par l'Esercito se distinguait
entre autres par ses roues en disques d'acier cerclées de pneus
pleins. En 1939, une nouvelle version fut introduite : les
modifications apportées concernaient la bouche de feu,
dotée d'un système de fixation simplifié pour
permettre de changer plus rapidement les tubes usés, et les
suspensions, renforcées, devant autoriser la traction
mécanisée de la pièce. C'est au cours de cette
même année que virent le jour des roues en elektron
dotées de pneus pleins celerflex, qui ne seront pas les
dernières à être mises au point pour cette arme. A
la veille de la guerre, le 43° Reggimento d'artillerie de la
division d'infanterie Sirteréalisa
un système expérimental pour tracter le
canon derrière un tracteur chenillé OCI-708 CM,
permettant de prendre des virages à 90° sans endommager
l'ensemble. Malgré cet essai, et d'autres du même genre,
la traction mécanisée du 47/32 mod.35 ou 39 fut interdite
par une circulaire de 1942, l'expérience de la guerre
ayant démontré les faiblesses de l'affût. Les
divers prototypes présentés par Ansaldo en 1940 et 1941
pour accroître la mobilité de la pièce furent tous
rejetés par les techniciens de l'Esercito.
Le canon de 47/32 fut produit par de nombreuses
firmes en Italie
: Breda, qui en construisit 795 exemplaires dans les 11 premiers
mois de 1941, Cogne-Sasib, AREP (400 canons et 150 bouches de feu entre
1940 et 1943), ARET (500 affûts), AREN (500 bouches de feu),
CEMSA et l'arsenal Ansaldo de Pozzuoli (1302 pièces jusqu'en
juin 1943). Durant les premiers mois de 1942, la capacité de
production mensuelle atteignit les 225 pièces par mois, plus 140
canons destinés aux blindés. En plus de la production des
firmes nationales, le Regio Esercito reçu 276 pièces
Bölher autrichiennes et K.n.36 hollandaises fournies par les
Allemands. Les canons de 47/32 hollandais se distinguaient des autres
par la présence d'un frein de bouche, des munitions plus
puissantes et un affût modifié par la firme Daf,
doté de pneumatiques et d'un système de suspension par
barres de torsion idoine à leur traction mécanisée.
Le baptême du feu des canons de 47/32 italiens
eut lieu en Espagne, où 30 pièces furent envoyées
pour évaluation durant la guerre civile. Cette première
expérience fut évaluée par le commandant de la
division Littorio,
qui rendit
compte des avantages et inconvénients de l'arme. La
précision du tir se révéla excellente, ce qui
rendait l'arme particulièrement adaptée à
l'accompagnement de l'infanterie contre des cibles de dimensions
modestes. Par contre, les opérations de mise en batterie ou de
démontage de la pièce prenaient un temps trop important,
ce qui réduisait son efficacité dans l'action antichar.
L'absence de bouclier de protection exposait certes les servants aux
tirs ennemis, mais permettait de camoufler facilement le canon. Le tir
avec les munitions ordinaires mod.35 se révéla peu
efficace à cause de la faible vitesse initiale induisant une
trajectoire courbe et d'une durée excessive. De plus, un fort
pourcentage de ces munitions n'explosait pas, surtout sur un terrain
meuble.
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| Vue de profil du canon de 47/32. |
Profil couleur du 47/32. |
Prototype du canon Böhler de 47 mm.
(crédits photo : Archivio Storico Finanziaria Ernesto Breda) |
Les roues de ce 47/32 expérimental ont été élargies. |
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| Canon de 47/32 produit par Breda avec des boucliers pour protéger les servants et l'avant-train porte-munitions. |
Canon de 47/32 avec bouclier de production Breda. |
Prototype du 47/32 Ansaldo doté d'un nouvel affût. |
Essai de traction mécanisée avec un Fiat OCI-708 CM. |
En 1939, l'artillerie de la GAF disposait de 347
pièces de 47/32 rient qu'en Libye, dont 198 sur la
frontière tunisienne. Fin octobre 1939, 773 pièces
étaient disponibles, avec 330 000 coups. Un an plus tard, on
dénombrait 1318 avec 1 550 000 cartouches. En juin 1940,
les organigrammes du Regio Esercito prévoyaient de doter chaque
régiment d'infanterie d'une compagnie sur 8 canons de 47/32, et
chaque division d'infanterie d'une compagnie de canons antichars, sur 8
pièces également. Une seconde compagnies de 47/32, sur 4
pelotons de 2 canons chacun, fut assignée aux régiments
de Bersaglieri incorporés dans les divisions blindées.
En 1941, l'Esercito commença à
constituer des bataillons antichars autonomes, assignés aux
corps d'armée ou aux divisions. Quatre de ces bataillons (du
101° au 104°) furent équipés de pièces
d'origine hollandaise, et trois autres avec du matériel de la
GAF, sur 24 canons chacun. D'autres bataillons enfin furent
dotées de pièces d'origine italienne. Entre 1941 et 1942,
les bataillons d'infanterie et de bersaglieri des divisions
motorisées et blindées, ainsi que de certaines divisions
d'infanterie, furent renforcés par un, deux ou trois pelotons
sur 4 canons de 47/32. Les 47/32 faisaient également partie des
bataillons d'accompagnement et antichars divisionnaires ou régimentaires
pour les divisions motorisées, blindées et de la batterie antichar du
régiment d'artillerie pour division motorisée de type AS (Africa Settantrionale).
Le canon de 47/32 fut la pièce de plus gros calibre assignée aux
divisions parachutistes. Chacun des trois régiments d'infanterie
parachutiste des divisions Nembo et Folgore
avait en dotation une compagnie sur 6 pièces, et le régiment
d'artillerie de ces divisions était composé de 3 groupes sur 2
batteries chacun, dotées de 47/32. La légèreté de la pièce, qui pouvait
être parachutée, la rendait idéal pour équiper ce type d'unités. La divisione aviotraspotabile Spezia
en comptait 48 exemplaires, répartis entre le bataillon antichar
divisionnaire et le peloton assigné à chaque bataillon d'infanterie de
la division, sur 4 pièces chacun.
Le canon de 47/32 opéra sur tous les fronts,
et resta pendant toute la guerre la pièce la plus
répandue au sein des unités d'infanterie. En Afrique du
Nord, le 47/32 fut souvent monté sur une plate-forme rotative et
installé à bord de camions, comme le Lancia 3Ro.
A partir de1942, ils furent également installés sur des
AS37 modifiés et les camionnettes sahariennes AS42, puis sur l'AS43 en métropole. Ces
réalisations, le plus souvent artisanales, donnèrent de
bons autocannoni tous
terrains, particulièrement adaptés pour les patrouilles
à grand rayon d'action et la chasse aux automitrailleuses
ennemies grâce à leur grande autonomie et leur silhouette
basse. Le canon de 47/32 arma des unités de la MVSN, coloniales,
le régiment San Marco de la Regia Marina, la division Giovani Fascisti et la 1ère
légion croate. Durant l'hiver 1942-43, le 132° Rgt antichars
doté de 72 pièces de 47/32 combattit en Tunisie, bien
qu'à cette époque elles soient largement
dépassées comme arme antichars.
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| Canons de 47/32 devant la tribune d'honneur réalisée par la division Sassari. |
Réception d'un canon de 47/32 pour division parachutiste, inspecté par un officier allemand. |
Servants libyens en poste sur ce canon de 47/32 au schéma de camouflage atypique. |
Canons de 47/32 mod.39 du Reggimento Giovani Fascisti. |
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Ces servants ont placé leur pièce dans une position très exposée au tir ennemi.
(crédits photo : IWM) |
Canon de 47/32 sur le périmètre de Bardia, attendant l'offensive d'O'Connor.
(crédits photo : Alfredo Zennaro) |
Le Duce inspecte une
division motorisée du CSIR dotée de 47/32 mod.35, avant
son départ pour le front russe. |
Canon de 47/32 en Russie, en 1942.
(crédits photo : USSME) |
Après
le 8 septembre 1943, le 47/32 resta en service aussi bien au nord qu'au
sud. Le 1° Raggrupamento Motorizzato des forces
cobelligérantes disposait de 2 compagnies de 47/32, et le
185° Bataillon de parachutistes de la Nembo en avait 4 en dotation en 1944. Les partisans de Tito en reçurent également 180 pièces.
Les Allemands rebaptisèrent la pièce
4,7 cm PaK-177 (i). De nombreuses unités des forces
armées de la RSI réutilisèrent le canon de 47/32,
même s'il semblerait que les divisions Italia, Littorio, San Marco et Monterosa n'en aient pas été équipées. En revanche, chaque compagnie du régiment Alpini Tagliamento en comptait au moins un, et la compagnie de commandement régimentaire Montenero en avait 6 en dotation. Le I° (LI) Battaglione Bersaglieri Volontari Difesa Costiera employa des 47/32 de position dans les environs de Gênes, et chaque compagnie du II° Battaglione Bersaglieri Volontari Difesa Costiera possédait un 47/32. Le V° Battaglione Bersaglieri Volontari Difesa Costiera en reçu pour remplacer une section de canons antichars français de 25 mm. Le Raggrupamento Cacciatori degli Appennini disposait lui aussi de pièces de 47/32, et il est probable que le Raggrupamento Anti Partigiani en ait eut également. Certaines unités italiennes de SS se servirent du 47/32, tout comme certains bataillons de la division d'infanterie de marine Xa Mas. Enfin, pour terminer cette liste qui n'a pas la prétention d'être exhaustive (loin s'en faut), la Ia Brigata Nera Ather Capelli possédait un unique canon de 47/32.

Cannone da 47/32 de la 8
a compagnia du III° Btg. Bersaglieri / Alpini
Natisone, du Rgt. Alpini
Tagliamento, à Canale d'Isonzo, durant l'été 1944.
(crédits photo : Archivio Reduci Rgt. Alp. Tagliamento)
A la fin des
années 1940, le 47/32 était encore en ligne dans
l'Esercito Italiano, et certains exemplaires furent utilisés
durant la guerre israélo-arabe de 1948.
| Caractéristiques techniques |
Longueur de
la bouche de feu : 1,680 m
Poids total en batterie : 277 Kg
Secteur de tir vertical : de
-10° à +56°
Secteur de tir horizontal : 60°
Cadence de tir : 7-8 coups/minute
Vitesse initiale du projectile : 630 m/s
Portée : 7 Km
Pénétration : 40 mm à 650 m avec un angle d'impact de 30° |
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Canon de 47/32 au monument en l'honneur des morts de la bataille de Levata, à Crémone.
(crédits photo : Giuseppe Calò) |
Une autre vue du canon de 47/32 au Sacrario Caduti d'Oltremare de Bari.
(crédits photo : Giuseppe Calò) |
Bibliographie
:
-
Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale,
Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998
-
Le forze armate della RSI 1943-45,
Carlo Cucut, GMT, 2005
Pour reproduire cette pièce d'artillerie :
| Echelle |
Fabricant |
Référence et désignation |
| 1/76 |
Milicast |
I03 Cannone 47/32 |
| 1/72 |
Mirliton |
IIGM056 Anti tank cannon 47/32 |
| 1/72 |
Waterloo 1815 |
AP004 Folgore Division light artillery 1942 |
| 1/72 |
AP Models |
CN03 CC 47/32 "Elefantino" ITALIA II G. M. |
| 1/35 |
CRI.EL Models |
R067 47/32 cannon mod.35 |
| 1/35 |
Model Victoria |
4026 Folgore with 47/32 AT Gun |
| 1/35 |
New Model System |
07 Cannone 47/32 Regio Esercito |
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