Cannone da 149/35



Batterie de canons de 149/35 tractés par des Breda 32 lors d'une parade en 1938.


    Le développement d'une nouvelle pièce d'artillerie lourde capable de remplacer le canon de 149 G débuta en 1890. Les premiers essais sur le prototype furent menés par l'ARET en 1896, et trois ans plus tard quelques batteries expérimentales subirent des tests pratiques dans les environs de Suse, qui donnèrent des résultats satisfaisants. Le canon, tout d'abord désigné 15AL/36 puis cannone da 149 A (pour acciaio, acier), fut  homologué en 1901 sur affût rigide. Mais en 1911, la nécessité de disposer d'un affût à déformation fut traduite par la consultation passée auprès de Krupp et Schneider pour un nouvel affût. C'est le projet Krupp qui fut retenu en mars 1915, mais les commandes furent annulées suite au déclenchement du conflit entre l'Italie et l'Allemagne.

    Malgré tout, la production de canons de 149/35 (autre dénomination du 149 A) fut reprise, avec un total de 598 pièces en service en septembre 1918. Durant la Grande Guerre, le 149 A démontra de très bonnes qualités balistiques, notamment concernant la puissance de feu et la précision. L'éventail de projectiles qu'il pouvait tirer était particulièrement important, et sa construction était simple et peu onéreuse. Mais son affût rigide obligeait les servants à répéter le pointage après chaque tir, réduisant considérablement la cadence de celui-ci. Pour modifier même très légèrement la direction du tir, il fallait manoeuvrer la flèche du canon en l'absence de dispositif de pointage ad hoc.

    En 1922, l'AREN (Arsenale del Regio Esercito di Napoli) proposa un nouvel affût à déformation pour le canon de 149/35, mais ce projet ne fut pas retenu. En revanche, les pièces encore en service en 1933 adoptèrent des suspensions élastiques autorisant la traction mécanisée à faible vitesse.


Plan de profil du canon de 149/35. Le prototype du canon de 149/35 sur affût à déformation proposé par l'AREN en 1922.
(crédits photo : AUSSME)
Les 4 pièces de 149/35 en coupole de la batterie La Court photographiée en 1942.
(crédits photo : R.Chirio)


    Six canons de 149/35 furent envoyés en Espagne durant la guerre civile. La vétusté de ces pièces et leur disponibilité en destinèrent un bon nombre à la défense des frontières comme batteries fixes incorporées dans les unités de le GAF (Guardia alla Frontiera), qui disposait de plus de 60 batteries de 149/35 en 1940.
    En juin 1940, l'armée italienne disposait encore de 870 canons de 149/35, plus 28 installés sur des affûts de fortification Armstrong et Schneider dans des tourelles ou coupoles blindées des forts Chaberton, Pramand, Paradiso, La Court, Montecchio Nord et Sertoli du Vallo Alpino (l'équivalent de la ligne Maginot des Alpes).

    Le canon de 149/35 participa à la brève campagne contre la France, mais sans grand résultat. Les tirs effectués contre les forts français, notamment celui du Janus, n'eurent aucun effet à cause de l'emploi d'obus inadaptés. Le 149/35 fut ensuite utilisé contre la Grèce et la Yougoslavie, avec 72 pièces disponibles en Albanie en avril 1941.
    En Libye, la 5a Armata disposait en mars 1940 de 48 canons de 149/35 au sein du 5° raggruppamento artiglieria d'armata en plus des 37 pièces de la GAF déployées sur ce front. En janvier 1942, on comptait encore 46 canons de ce type en Afrique du Nord, et plus que 16 en Tunisie en février 1943.

    En juin 1943, 16 groupes d'artillerie étaient toujours dotés du canon de 149/35, sans compter les centaines de pièces reléguées à la défense côtière en Italie, Albanie, France, Grèce, Dalmatie et en mer Egée. En Sicile, les canons de 149/35 des divisions côtières prirent part à la bataille contre les Alliés en juillet.


Mise en batterie d'un canon de 1498/35 ans les Alpes occidentales en juin 1940. Canons de 149/35 et 120/25 (au second plan) capturés par les Anglais durant l'offensive de l'hiver 1940-41 en Cyrénaïque.
(crédits photo : IWM)
Canons de 149/35 en position de tir sur le front gréco-albanais.


Caractéristiques techniques :
Longueur de la bouche de feu : 5,722 m
Poids total en batterie : 8600 Kg
Secteur de tir vertical : de -10° à 35°
Secteur de tir horizontal :
Cadence de tir : inconnue
Vitesse initiale du projectile : 628 m/s
Portée : 17,5 Km


Bibliographie et webographie :
-  Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998

Pour reproduire cette pièce d'artillerie :

Echelle Fabricant Référence et désignation
1/72 MR Panzer MP03 Cannone da 149 A


Retour au
photoscope Regio Esercito