Obice da 100/17



Obice da 100/17 mod.14 à l'abbaye de Pontida, Bergamo, Lombardie.
(crédits photo : Giuseppe Calò)


    Au terme de la première guerre mondiale, l'Italie récupéra 1339 obusiers de 100/17 mod.14 et 95 mod.16, auxquels vinrent s'ajouter les 557 bouches de feu et 56 affûts Skoda de 100/17 de montagne ainsi que les 915 bouches de feu et 735 affûts de 100/17 de campagne fournis par l'Autriche pour réparation de guerre. Ces armes arrivèrent à point nommé dans les rangs de l'Esercito, qui souffrait du manque d'obusier léger à tir en cloche pour accompagner les canons de 75/27 dans les régiments d'artillerie de campagne. L'obusier Skoda de 100/17 était une pièce moderne, robuste et fiable pour l'époque. Conçu pour être utilisé en montagne, il pouvait facilement être séparé en 3 éléments permettant son transport sur des chemins étroits. Les principales faiblesses de cette arme résidaient dans un faible secteur de tir horizontal et une portée inférieure à 10 Km. L'obice da 100/17 mod.16 était spécialisé pour l'emploi en montagne, mais il conservait les prestations du modèle 1914. Les principales différences concernaient l'affût, allégé, tout comme la bouche de feu, les roues, au diamètre inférieur, la hausse, plus importante, et le bouclier.

    La première unité de l'Esercito à avoir été équipée de l'obusier de 100/17 mod.14 fut le reggimento d'artiglieria campale misto autoportato, constitué en 1919 pour tester le transport de différentes pièces d'artillerie sur des camions. L'ARET procéda à la révision des pièces de prise de guerre, avec l'aide d'ateliers privés. Le problème principal venait du faible stock de munitions de 100 mm, c'est pourquoi l'industrie italienne produisit un nouvel obus en 1932, augmentant ainsi la portée de 500 mètres.
Des essais menés avec une bouche de feu longue de 22 calibres pour augmenter davantage la portée ne donnèrent pas de résultats satisfaisants.
    Comme pour les autres pièces de la Grande Guerre, le problème de la traction mécanisée se posa pour le 100/17. Là encore, deux solutions furent adoptées : un chariot élastique placé sous l'affût ou la substitution des roues en bois par des roues métalliques dotées de pneus pleins. Mais la transformation des pièces prenait du temps, c'est ainsi que nombre d'entre elles furent assignés à des unités de position de la GAF, qui comptait plus de 40 batteries de 100/17 en 1940.





Obusier de 100/17 mod.14 lors d'un exercice d'avant guerre. Transport expérimental d'un 100/17 mod.14 sur Fiat 18BL. Obusiers de 100/17 hippomobiles lors d"un défilé.


    Au début de la seconde guerre mondiale, l'Esercito alignait 1325 obusiers de 100/17 mod.14 hippomobiles ou de position, 199 à traction mécanisée et 181 mod.16 de montagne. En avril 1941, 140 obusiers mod.14 et 108 mod.16 étaient déployés en Albanie. En Afrique du Nord, on dénombrait 137 pièces dotées de pneus pleins ou de chariot élastique en octobre 1941, et plus que 56 en février 1943. Sur ce théâtre d'opérations, les obusiers Skoda souffrirent particulièrement du transport tout terrain et furent critiqués pour leur portée nettement insuffisante. Les mêmes faiblesses furent constatées en Russie. Pour remédier aux problèmes du transport en ASI, certaines pièces furent montées sur des Lancia 3Ro modifiés, donnant ainsi naissance aux Autocannoni da 100/17.

    En avril 1942, l'Esercito pouvait encore compter sur 173 obusiers de 100/17 mod.16, 194 mod.14 TM (traino meccanico) et 1583 obusiers de 100/17 mod.14 hippomobiles et de 100/22. Les pertes étaient compensées par la fourniture de matériels polonais par les Allemands et par les pièces capturées en Yougoslavie. En juin 1943, il restait encore 37 groupes d'artillerie de campagne équipé du matériel Skoda mod.14 (dont 11 motorisés) et 10 groupes sur mod.16. Ainsi, le 100/17 resta l'obusier léger standard de l'armée italienne pour toute la durée de la guerre, malgré l'apparition en 1941 du 100/22.

    Malgré sa faible course et la faible vitesse initiale du projectile, l'obusier de 100/17 fut fréquemment employé dans le rôle antichar. Des projectiles perforants EP furent étudiés pour cette bouche de feu et livrés mi-1942. Ce nouvel obus fut testé en Allemagne en novembre 1942, contre des chars russes capturés, et démontra ses capacités contre des T34 et KV1. Les munitions EP italiennes de 100 mm étaient au moins aussi efficaces que les munitions HL de 105 mm allemandes, qui contenaient 500g d'explosif supplémentaires. En mai 1943, un projectile plus puissant, baptisé EPS, fut adopté.
    Le centre expérimental de Nettuno étudia un affût en bois pour employer éventuellement le 100/17 dans le rôle antiaérien.

    Après l'armistice, les Allemands réutilisèrent ces obusiers sous le nom de 10 cm FH 315(i). Certaines unités de la RSI en firent également usage : le 3° Reggimento de la division San Marco comprenait deux groupes hippomobiles de 100/17 (les II° et III° gruppi), tandis que le IV° Gruppo Mantova du 1° Reggimento Artiglieria da Montagna da la division Monterosa était formé sur 3 batteries hippomobiles de 100/17. Des groupes d'artillerie côtière furent aussi équipés d'obusiers de 100/17, comme la 37a Batteria Julia du XII° Gruppo Art. PC, 2 batteries du XVI° Gruppo Art. PC et la 8a Batteria du III° Gruppo Art. PC.






Obice da 100/17 mod.16 équipé de pneus en elektron.
(crédits photo : AUSSME)
Pièce de 100/17 du CTV durant la bataille de Guadalajara. Obusier de 100/17 mod.14 du CTV en route pour Bilbao. Obusier de 100/17 sur chariot élastique tracté par un Pavesi, probablement sur le front greco-albanais.



Obice da 100/17 mod.14 sur chariot élastique tracté par un TL37 sur une route des Alpes, en juin 1940. Obusier de 100/17 mod.16 en action sur le front greco-albanais. Obice da 100/17 mod.14 doté de pneus en elektron en Afrique du Nord, en 1941. Pièces de 100/17 et de 75/27 mod.06 capturés par les Anglais en Cyrénaïque, début 1941.
(crédits photo : IWM)


    Pour substituer cette pièce de la Grande Guerre, l'industrie italienne se pencha sur la réalisation d'un nouvel obusier de 105 mm, suite à un concours lancé en 1938. Ansaldo développa le 105/20 et OTO le 105/23, mais ces deux réalisations ne dépassèrent pas le stade du prototype. Celui du 105/20 fut testé en septembre 1942, mais l'armistice mit un terme au développement des deux pièces.




Obusier expérimental Ansado de 105/20.
(crédits photo : Archivio Ansaldo)
Obusier Ansaldo de 105/20 adapté au tir antichar.
(crédits photo : Archivio Ansaldo)


Caractéristiques techniques :
Longueur de la bouche de feu : 1,930 m
Poids total en batterie : 1415 Kg
Secteur de tir vertical : de -8° à +48°
Secteur de tir horizontal :
Cadence de tir : 4-6 coups/minute
Vitesse initiale du projectile : 407 m/s
Portée : 9,2 Km



Obice da 100/17 mod.14/50 doté d'une plate-forme circulaire, conservé au musée de l'artillerie de Turin. Obusier de 100/17 mod.14/16/50 au Sacrario Caduti d'Oltremare de Bari dans les Pouilles.
(crédits photo : Giuseppe Calò)


Obusier de 100/17 mod.16 du Monumento ai Caduti de Pizzighettone, en Lombardie.
(crédits photo : Giuseppe Calò)
Obusier de 100/17 mod.16 du Sacrario Caduti di Redipuglia, Monfalcone, dans le Frioule.
(crédits photo : Giuseppe Calò)

Vue de profil d'un obusier de 100/17 mod.14. Croquis d'un obusier de 100/17 mod.16. Profil couleur d'un 100/17 mod.16 doté de roues en métal.




Bibliographie :

-  Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998
- Dall TL 37 all'AS43, Nicola Pignato et Filippo Cappellano, GMT, 1997
- Autocannoni su Lancia 3Ro, Filippo Cappellano et Claudio Pergher, Notiziario Modellistico GMT 1/98
- Le forze armate della RSI 1943-45, Carlo Cucut, GMT, 2005

Pour reproduire cette pièce d'artillerie :

Echelle Fabricant Référence et désignation
1/72 MarS 7275.2 100 mm Skoda 100/17 m 14
1/72 MarS 7272 Lancia 3ro + 100/17 Army truck
1/35 CRI.EL Model R094 Autocannone Lancia 3 Ro con 100/17
1/35 CRI.EL Model R038 Obice Skoda 100/17 mod.14
1/35 CRI.EL Model R075 Ammo for Obice 100/17


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