Cannone da 105/28



Canons de 105/28 au monument aux morts d'Orzinuovi, près de Brescia en Lombardie.
(crédits photo : Giuseppe Calò)


    Les origines du canon de 105/28 remontent à 1912, lorsque le chef d'état-major de l'Esercito décida d'abandonner les études pour une pièce de 120 mm à affût rigide au profit d'un canon de campagne à déformation d'un calibre de 105 mm environ. La firme française Deport, par le biais de sa filiale italienne Vickers Terni, et Ansaldo, furent invitées à présenter une section expérimentale de canons de 105 mm en 1913. Après les tests comparatifs, le modèle Ansaldo fut retenu. Ses caractéristiques étaient proches du Schneider de 105 mm mod.13, et la décision fut surtout motivée par des raisons économiques (Ansaldo était le seul grand arsenal italien resté sans commande importante après que Vickers Terni ait remporté le concours pour la pièce de 75 mm). La production débuta en septembre 1914, et les premières pièces furent livrées à l'Esercito en juillet 1915. Le premier groupe entièrement équipé de ce matériel fut formé en septembre de la même année et envoyé sur le front en avril 1916. En septembre 1918, 426 canons de 105/28 étaient en ligne, avec en moyenne 1776 coups par arme. De 1915 à 1919, Ansaldo produisit un total de 1736 bouches de feu et 1331 affûts de 105/28, en tenant compte également des pièces de 106,7 mm destinées à la Russie tsariste. Durant la Grande Guerre, 6 batteries furent transformées en autocannoni, mais sans succès.
    Le canon de 105/28 se comporta honorablement durant la première guerre mondiale, malgré une usure prématurée de l'âme du tube et la faible puissance d'obus Ansaldo. La portée du matériel Ansaldo était inférieure de deux kilomètres à celle du canon Skoda  de 10,4 cm M15, mais ce dernier était bien plus lourd et difficile à manoeuvrer que la pièce italienne. Le 105/28 avait un autre avantage, sa fiabilité : durant la guerre, 6 explosions accidentelles de la bouche de feu seulement ont été enregistrées, contre 133 pour le canon de 149A.

    Après quelques tentatives pour transporter le canon de 105/28 dans des camions, il fut décidé d'équiper toutes les pièces de chariots élastiques pour la traction mécanisée à la fin des années 1920. Pour remédier en partie aux problèmes de la puissance du projectile et de la portée, deux nouvelles munitions furent mises au point en 1932, permettant d'atteindre des cibles situées à 13,6 km de la pièce. Malgré cela, le 105/28 était clairement dépassé en tant que canon lourd de campagne. Son homologue allemand K18 de 10 cm, adopté par la Wehrmacht au milieu des années trente, avait une portée de 19 km. Les études menées à partir de 1934 par la DSSTAM pour un canon de 105 mm long de 40 calibres furent abandonnées en 1938, à cause d'une usure prématurée de l'âme du tube constatée sur le prototype et un poids supérieur à celui spécifié. Pour moderniser le 105/28, qui allait devoir rester en service, certains exemplaires abandonnèrent leurs roues en bois pour des roues en elektron ou en acier, dotées de pneus pleins.





Groupe de canons de 105/28 rassemblés sur une place d'armes. Canons de 105/28 lors d'une cérémonie. Artilleurs à l'entraînement sur un 105/28 doté de roues en bois.



Mise en place du chariot élastique sous l'affût. Canon de 105/28 tracté par un Pavesi par l'intermédiaire d'un avant-train. Canons de 105/28 lors d'une parade à Tripoli, sur chariots élastiques, tractés par des Pavesi.


    Le canon de 105/28 Ansaldo participa à toutes les opération militaires de l'entre-deux guerres : il servit lors de la reconquête de la Libye, de l'invasion de l'Ethiopie et 112 exemplaires furent envoyés en Espagne au sein du CTV. Le 105/28 fut encore employé pour l'occupation de l'Albanie en 1939. Il fut aussi exporté en Pologne et en Yougoslavie. En octobre 1939, les 945 pièces disponibles équipaient en majorité les régiments d'artillerie de corps d'armée. La GAF déployait également des 105/28 de positions en Italie, en Albanie et en Libye. L'Esercito et la Regia Marina se servaient aussi de batteries de 105/28 pour la défense côtière.
    Durant la seconde guerre mondiale, cette pièce d'artillerie fut employée sur tous les fronts. En AOI, 91 canons de 105/28 participèrent à la défense de l'empire. En Europe, le 105/28 fut déployé dans les Alpes en juin 1940 et durant la campagne contre la Grèce, avec 84 pièces en mars 1941, puis contre la Yougoslavie. En Russie, les divisions d'infanterie Ravenna, Sforzesca et Cosseria avaient chacune en dotation un groupe de 105/28, et le 2° Raggrupamento artigliera du II° Corpo d'Armata était doté des III° et XXIII° groupes de 105/28. En Afrique du Nord, on dénombrait 114 pièces de 105/28 en juin 1941, contre 33 lors de la campagne de Tunisie début 1943. Les divisions blindées Ariete, Centauro et Littorio reçurent chacune un groupe de 105/28 sur 8 pièces. En septembre 1942, le 134° régiment d'artillerie motorisée de la divisione celere Emanuele Filiberto Testa di Ferro comprenait également un groupe de 105/28 sur deux batteries.
    En avril 1942, 839 canons de 105/28 étaient encore en ligne, dont 108 seulement dotés de roues celerflex. En juin 1943, 27 groupes d'artillerie de corps d'armée étaient toujours équipés de 105/28. Entre 1942 et 1943, de nombreuses pièces passèrent à la défense côtière.






Batterie de 105/28 en action sur l'Amba Aradam, lors de la conquête de l'Ethiopie. Pièces de 105/28 du CTV à Teruel. Nous sommes toujours à Teruel, lors de la guerre civile espagnole. Canons de 105/28 en ASI  protégés derière des sacs de sable et des pierres.




Canon de 105/28 doté de roues celerflex en elektron en action contre les positions de Tobrouk. Canon de 105/28 en position en ASI. Canon de 105/28 tracté par un Pavesi en Afrique du Nord. Ces canons de 105/28 ont été abandonnés dans le désert nord-africain.


    Après le 8 septembre 1943, le canon de 105/28 resta en service au sud avec le 1° Raggrupamento motorizzato et au nord. Le bataillon Barbarigo de la Xa Mas l'utilisa à Anzio-Nettuno en juin 1944. Les Allemands le rebaptisèrent 10.5 cm K-338(i).


Canon de 105/28 au sacrario di Redipuglia, près de Monfalcone, dans le Frioul.
(crédits photo : Giuseppe Calò)


Caractéristiques techniques
Longueur de la bouche de feu : 2,987 m
Poids total en batterie : 2470 Kg
Secteur de tir vertical : de -5° à +37°
Secteur de tir horizontal : 14°
Cadence de tir :  2-4 coups/minute
Vitesse initiale du projectile : 774 m/s
Portée : 13,6 Km
Pénétration : 80 mm avec un angle d'impact de 65°




Vue de profil du 105/28. Profil couleur de 105/28.

Bibliographie :
-  Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998

Pour reproduire cette pièce d'artillerie :

Echelle Fabricant Référence et désignation
1/35 CRI.EL Model R043 105/28 Field Gun w. Electron wheels K 330(i) 10,5 cm


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