
Opérations du CSIR sur le Bug
(fond de carte : Encyclopédie Encarta)
Le 14 août, le CSIR passa sous le commandement du groupe blindé de Von
Kleist, pour protéger son flanc gauche lors de l’avance en direction du Dniepr. Le 15, la division Pasubio, placée
temporairement sous les ordres du 3ème corps blindé allemand,
s’établit dans les villages de Topilovka et Kryukov, sur la rive occidentale du
Dniepr, pour soutenir la division SS Viking,
postée plus au sud. Le transfert vers ces positions, qui nécessita trois jours,
fut ralenti par les mauvaises conditions météorologiques et l’action des VVS.
Le 18, après trois jours de calme relatif, les unités de la Pasubio se remirent
en marche en direction du sud, pour rejoindre la zone située entre Koluskino et
Verhniednieprovsk.
A l’ordre du jour du 21 août, le général Mackensen, commandant le 3ème
corps blindé allemand, écrivit :
« Ces derniers jours, le 3ème
corps blindé a réussi, suite à de durs combats, à repousser un ennemi
numériquement supérieur d’une zone assez étendue à une tête de pont au sud-est
de Dniepropetrovsk… Le pré requis pour cette avance rapide fut créé par la
division SS Viking et par la division italienne Pasubio, lesquelles, malgré les
mauvaises conditions d’entraînement du commandement et le manque de carburant,
surmontèrent très rapidement ces difficultés. »
Le 25 août, les appareils italiens du CSIR débutèrent leur transfert sur l’aérodrome
de Krivoj Rog, pour protéger les ponts sur le Dniepr
et les unités du secteur. Dans les jours qui suivirent, les autres unités
motorisées de la Celere, le 52° Reggimento d’artillerie de la Torino et les
unités disposant d’autocarrette rejoignirent également le fleuve.

Août 1941 : des fantassins italiens marchent vers le
front.
(Crédits photo : Ufficio Storico SME)
Le
26 août, après avoir rencontré Hitler à Rastenburg, Mussolini gagna Brest
Litovsk par avion. Le 27, les deux hommes se rendirent au quartier général du
groupe d’Armées Sud, à Strychov, en Ukraine. Pour clore sa visite en URSS, le
Duce se rendit à Uman en avion pour rencontrer Von Rundstedt, puis à Tekusha,
pour s’entretenir avec le général Messe et passer en revue l’ensemble des
unités du CSIR.
C’est
le 27 août également que les appareils italiens connurent leur baptême du feu
en URSS, lors d’une mission de couverture de la division Pasubio. Pour ce
premier combat, les chasseurs transalpins revendiquèrent 6 Tupolev SB-2bis et 2
Polikarpov I-16, plus 2 SB et 2 I-16 probables. Le lendemain, l’aviation du CSIR connu sa première perte, lorsque le
Sottotenente Mario Longoni (362ª
Squadriglia) se tua accidentellement au-dessus du Dniepr.
La bataille de Petrikovka
Le 3
septembre, les unités de la Pasubio et de la Celere gagnèrent le Dniepr, suivies par la Torino, aux côtés du Panzergruppe
de Von Kleist. La Torino fut immédiatement employée pour défendre la zone
située au sud de Dniepropetrovsk. De manière globale, le but du CSIR était de
tenir la ligne de front sur 150 Km le long du Dniepr,
au sud-ouest de Dniepropetrovsk, entre la 17ème armée allemande et
le 3ème corps du Panzergruppe de Von Kleist.
Le jour précédent, 11 MC200 Saetta avaient mitraillés les renforts soviétiques sur la route
Novomoskovsk- Dniepropetrovsk, perdant deux appareils.
La bataille de Petrikovka
constitua un moment important dans les combats qui firent rage pour le Dniepr, dans lesquels les
Russes se battirent avec beaucoup de courage, dans un dernier effort pour
empêcher les forces de l’Axe de franchir ce fleuve.
Le 15 septembre, le commandement allemand demanda au
Général Messe l’intervention de la division Pasubio, dans le but de protéger le
flanc droit de la 17ème armée allemande, qui avançait vers la zone
située entre Kobeljakj et Poltava. La Pasubio passa ainsi temporairement sous
les ordres de la 17ème armée, tandis que les autres unités du CSIR
constituèrent, avec le 3ème corps blindé allemand, le groupe
Mackensen, dont le but était de défendre le front du Dniepr entre l’embouchure
de l’Orel et
celle de la Mokraja Sura ainsi que de consolider la tête de pont de
Dniepropetrovsk.
La division Torino, renforcée par la 63ª
Legione CCNN Tagliamento du consul Nicolo Nicchiarelli et par le II°
Battaglione controcarro, fut transférée dans la tête de pont de
Dniepropetrovsk. Ces unités commencèrent la traversée du Dniepr le 21 septembre,
sous le feu de l’artillerie et de l’aviation russe. Plus au nord, la Pasubio
traversa le fleuve à la hauteur de Derijevka, tandis que la Celere, au centre,
resta en position défensive sur la rive droite. Ce déploiement permit au général
Messe d’employé l’ensemble des unités du CSIR dans une bataille qui aurait dû
permettre l’encerclement des forces russes et leurs couper toute possibilité de
retraite.
Le soir du 22 septembre, la division Pasubio, appuyée par
la 1ª Compagnia Motociclisti, du 2° squadrone de chars légers L3
de la Celere ainsi que par le Kampfgruppe Abraham, reçu l’ordre de faire
mouvement entre Voinovka et le confluent de l’Orel
avec le Dniepr, dans le but de constituer une tête de pont dans les
environs de Zaritschanka (Tsarichanka sur la carte) pour faciliter le passage des
blindés allemands à l’Est du Dniepr. L’opération débuta le 23 septembre, à 5 heures. Elle fut
menée par les fantassins de du 79° Reggimento Roma, soutenus par les tirs des
deux groupes d’artillerie du 8° Reggimento et par le groupe Abraham, posté sous
les ordres du régiment italien pour l’occasion. Malgré la forte résistance
qu’opposèrent les Russes et le soutient de leur artillerie et de leur aviation,
ils durent abandonner leurs positions avant le crépuscule. La tête de pont de
Zaritschanka, couvrant 10 Km², venait d’être créée.
Cependant, dès le lendemain, et durant trois jours (du 24
au 26 septembre), les Russes contre-attaquèrent très violement, donnant lieu à
des affrontements à l’arme blanche. Le 24, quelques L3 appuyèrent une
contre-attaque italienne vers Saderokovka. Trois blindés furent perdus dans
cette tentative. Le 26 septembre, 5 chars L3 contribuèrent à repousser une
attaque russe sur Zaritschanka. Finalement, tous les assauts de l’Armée Rouge
furent repoussés par les troupes italo-allemandes, ce qui permit aux Panzer de
franchir l’Orel.
Dans le même temps, plus au nord, le 80° Reggimento Roma
fut employé dans la reconquête de la tête de pont de Voinovka, perdue quelques
jours plus tôt par les Allemands. Là encore, les soldats italiens durent
affronter de violentes contre-attaques soviétiques, qui furent toutes
repoussées avec succès, jusqu’à l’arrivée des blindés allemands.
Suite au consolidement des têtes de pont de Zaritschanka et
Voinovka, la voie était ouverte pour permettre aux Panzer l’encerclement des
troupes russes. Le 27 septembre, à la veille de l’action sur Petrikovka, les
unités du CSIR étaient disposées ainsi :
- derrière l’Orel, entre Nechvoroshska
et Zaritschanka, était déployée la Pasubio;
- sur la rive droite du Dniepr, entre l’embouchure
de l’Orel et
Dniepropetrovsk, se trouvait la Celere;
- et dans la tête de
pont de Dniepropetrovsk, avec 3ème corps allemand, se tenait enfin
la Torino.
La manœuvre allemande prévoyait de rompre les lignes russes
autour de la tête de pont de Dniepropetrovsk et d’effectuer une jonction avec
les troupes venant du nord. Le 14ème corps blindé devait déboucher
de l’Orel et
avancer sur Novomoskovsk, où il devait rejoindre le 3ème corps,
provenant de la tête de pont. Ce dernier devait ensuite poursuivre à l’Est
jusqu’au fleuve Samara.
Dans ce contexte, les troupes italiennes avaient pour
objectif d’effectuer une tenaille, avec la Pasubio provenant du nord-ouest et
la Torino du sud-est, pour couper toute possibilité de retraites aux troupes
soviétiques situées dans l’anse formée par le Dniepr et l’Orel. Le village de Petrikovka, seule issue possible pour les
forces russes, constituait le point de jonction des deux divisions. Pour
assurer le succès de l’opération, Messe avait besoin de disposé pleinement des
trois divisions du CSIR, et demanda donc à la 1ère armée allemande
la restitution de la Pasubio. Une fois sa demande acceptée, le commandant du
CSIR donna ses ordres en fonction de son plan d’action, en trois phases :
- 28 septembre : la
Torino ouvre une brèche pour sortir de la tête de pont ;
- 29 septembre :
les divisions Torino et Pasubio convergent vers Petrikovka;
- 30 septembre :
capture des forces russes prises dans la tenaille, avec l’appui de la Celere.
Un L3/33 traverse le Dniepr sur un pont édifié par le génie
allemand.
(Crédits photo : Fronte Terra, Cari Armati 2/II,
Edizioni Bizzarri)
La
première phase débuta à 7h30, le 28 septembre,
lorsque
les fantassins de la Torino, après une brève
préparation d’artillerie, se
lancèrent à l’assaut des forces soviétiques
déployées à l’Ouest de la tête de
pont de Dniepropetrovsk. Dans la journée, les Italiens
atteignirent la ligne
Obuskvskje-Gorianovskije, tandis que les forces allemandes du 3ème
corps se dirigèrent vers le Nord/Nord-Est.
L’action de la Torino se fit avec
détermination, malgré la farouche résistance qu’opposèrent les Russes et les
nombreux champs de mines qui barraient le passage. Elle atteignit son objectif
à 16h00, après avoir infligé des pertes sensibles à l’ennemi, capturé quelques
milliers de prisonniers ainsi qu’une bonne quantité de matériel. Cette action
fut caractérisée par une parfaite coopération entre l’infanterie et
l’artillerie, artillerie qui était constituée par le 30° Reggimento artiglieria di Corpo d'Armata,
capable, grâce à une disposition adaptée de ses batteries, de battre l’ensemble
du champ de bataille. Il serait également injuste d’oublier le travail
indispenssable effectuer par les I° et IX° Battaglioni Pontieri pour assurer un
lien permanent entre les deux rives du Dniepr.
Ce travail était rendu difficile et dangereux par la présence de l’artillerie
russe qui, déployée le long du Samara, battait
en continu les ponts sur le Dniepr. Mais, grâce
à la tenacité du génie italien, les deux berges furent reliées sans
interruption tout au long de la bataille.
Tout comme la Torino, les divisions allemandes avaient également atteint
leurs objectifs du jour, et, le soir venu, Messe donna les ordres suivants :
- la Torino
devait poursuivre son avance en deux colonnes, vers Kurilovka et Petrikovka;
- la
Pasubio, depuis Zaritschianka, avait comme objectif d’avancer vers le sud
jusquà la ligne Shuligovka-Galuschkovka-Petrikovka, pour compléter la tenaille;
- enfin,
la division Celere devait envoyé deux battaglioni de Bersaglieri à l’Est du Dniepr, pour nettoyer la zone comprise entre le Dniepr, l’Orel et les
villages de Kurilovka et Jelissavetovka.
La deuxième phase, comme prévu, débuta à 5h30, le
29 septembre. La Torino se mit en marche sur deux colonnes : celle de droite
était constituée de deux bataillons 81° Reggimento Torino et de la legione
Tagliamento, et celle de gauche du 82° Reggimento Torino. La première colonne,
qui avaçait le long de la route Kamenka-Popovka-Petrikovka, rencontra de
nombreuses unités russes démantelées qui cherchaient un moyen de fuir vers
l’Est, préférant livrer un combat désespéré plutôt que de se rendre. Une fois
les derniers foyers de résistance éteints, les Italiens envoyèrent vers
l’arrière de longues colonnes de prisonniers. A 18h00, le III° Battaglione du
81° Reggimento, avant-garde de la colonne, après avoir éliminé les dernières
forces russes qui barraient le passage, rentra en contact avec des unités de la
Pasubio à Petrikovka.
La colonne de gauche procèda avec plus de
difficulté, non seulement à cause d’une forte présence russe, mais également du
manque de routes et d’un marécage qu’il n’était pas possible de contourner. Ces
conditions obligèrent le commmandant de la colonne à manoeuvrer avec les seuls
fantassins, laissant les véhicules et l’artillerie tractée sur les positions de
départ. Malgré ces problèmes, la colonne gagna Kurilovka vers 17h00, où elle
fit la jonction avec le XXV° Battaglione Bersaglieri de la Celere.
La Pasubio, depuis Zaritschianka, avança vers
Petrikovka sur une colonne composée du 79° Reggimento Roma, de deux groupes
d’artillerie et d’un escadron de chars L3. Elle entra dans Petrikovka peu de
temps après les avant-gardes de la Torino. Une autre colonne, comprenant le 80° Reggimento Roma, se dirigea vers
Shuligovka et Galuschkovka, qui fut prise avec la contribution de 5 chars
légers .
Les XX° et XXV° Battaglioni de la Celere, qui
avaient traversés le Dniepr le soir du 28
septembre, effectuèrent des opérations de ratissage des zones situées entre l’Orel et Varvarovka pour le XX°, et du Dniepr à Kurilovka et Jelissavetovka pour le XXV°. Le
soir venu, les bataillons rejoignirent respectivment les unités de la Pasubio à
Galuschkovka et celles de la Torino à Petrikovka.
Le 30 septembre, pour la troisième et dernière
phase, tandis le 80° Reggimento Roma de la Pasubio resta sur les positions de
Galuschkovka et Schuligovka, les autres unités terminèrent le nettoyage de la
poche, les bersaglieri des XX° et XXV° Battaglioni retournant vers le Dniepr par le centre de la zone encerclée. La
bataille de Petrikovka était terminée.
(fond de carte : Atlas Encarta)
Durant ces opérations, les Russes subirent de
lourdes pertes. Les Italiens firent 10000 prisonniers, et capturèrent un
important matériel : 9 cannons, 13 mortiers, 186 armes automatiques, 4500
fusils, 51 camions et camionettes, 7 tracteurs immobilisés, quelques tonnes de
carburant, 450 charriots et 1000 chevaux entre autres. Les pertes du CSIR
furent légères : 87 morts, dont 6 officiers, 190 blessés et 14 disparus. Tout
au long de la bataille, l’aviation italienne s’assura la supériorité aérienne,
et appuya l’avance des troupes au sol.
La bataille de Petrikovka, grand succès
des forces de l’Axe, marque la fin du premier cycle d’opérations des troupes
italiennes en URSS.
Bibliographie :
- Le
Operazioni delle Unità Italiane al Fronte Russo (1941-43), Stato Maggiore dell’Esercito, Ufficio
Storico, G. De Vecchi, C. De Franceschi & M. Mantovani, Roma, 2000
- Mezzi
dell’Esercito Italiano 1935-1945, Editoriale Olimpia, Ugo Barlozzetti, Alberto Pirella, 1986
- Carri leggeri, carro veloce 33-35 – le
operazioni belliche, Carri Armati 2/II, Fronte Terra, Aldo Cumbo, 1973
- Rivista Italiana Difesa,
Il CSIR,
Francesco Fatutta, avril 1992, pp.90-97
- Avions n°85,
Macchi dans la neige !,
Hans-Werner Neulen & Christophe Cony, avril 2000, pp.6-16)
Webographie :
- http://digilander.libero.it/lacorsainfinita/guerra2/41/russia.htm
- http://digilander.libero.it/avantisavoiait/Campagna%20di%20Russia.htm
- http://users.erols.com/pjvezz/torino/TORINO-HIST.html
- http://www.ilduce.net/russia.htm
- http://www.centrostudilaruna.it/battagliadipetrikowka.html
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