
Breda 88 MM.4594, produit par IMAM, en vol au-dessus de la Corse le 12 juillet 1940.
Développement du Breda 88
L'histoire de cet appareil commença le 20
janvier 1936, avec une demande de l'état major de l'armée
de l'air concernant un chasseur multi-moteurs lourdement armé.
Sur les 8 projets proposés, seuls le Fiat CR.25 et le Breda Ba.88 restèrent en course. Ce dernier dérivait vraisemblalement du monomoteur de
reconnaissance Breda 75, conçu par les mêmes ingénieurs (Antonio Parano
et Giuseppe Panzeri), dont il reprenait la forme des ailes et de la
partie arrière du fuselage.
Comme les précédents avions d'assaut
Breda, le Ba.88 avait une structure très lourde, formée
d'une double coque qui le rendait certes robuste mais surtout long et
coûteux à construire. Ce poids excessif se traduisait
aussi par de médiocres qualités de vol.

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| Unique exemplaire du Breda 75. |
Le prototype du Breda Ba.88, MM.302. |
Le premier prototype retint l'immatriculation du
Ba.75, à savoir MM.302. Sa construction s'acheva en automne 1936
à Cinisello Balsamo, et son premier eût lieu le 20 octobre
de la même année, avec l'ingénieur Furio Niclot
Doglio aux commandes. L'avion passa ensuite une série de tests
à Guidonia, où il fut transféré le 3
février 1937. Le prototype était propulsé par deux
Isotta Fraschini K 14, qui seront ensuite remplacés par des Fiat
A80 puis des Piaggio P XI RC40 sur les appareils de série.
Des records cachant une tout autre réalité
La carrière du bimoteur commença en
fait sous les meilleurs hospices, avec une série de records de
vitesse sur des parcours de 100 puis 1000 km en avril 1937.
Après avoir subis des modifications au niveau de la
dérive (passée de simple à double) et de la
motorisation (installation des P XI), le prototype retourna à
Guidonia le 26 novembre, où il battit son record de vitesse en
atteignant 554,375 km/h avec une charge de 1000 kg à bord.
Mais les évaluations menées sur le
prototype "militarisé" en 1938
au centre de Guidonia montrèrent que le constructeur
était incapable de transformer un avion taillé pour les
records en une machine de guerre efficace. Ce nouveau cycle de tests
révéla de graves problèmes qui rendaient le
pilotage de l'avion difficile, notamment à cause de sa faible
manoeuvrabilité et de son manque de stabilité. Les
difficultés de mise au point de
l'avion furent pointées dans un rapport du général
Pinna au général Valle en date du 21 novembre, dans
lequel était stipulé que la vitesse maximale de 464 km/h
ne pourrait
être sensiblement améliorée. L'avion était
même jugé dangereux pour son propre équipage par
les militaires qui le testèrent. Mais la production de
l'appareil avait déjà commencé, influencée
par ses débuts prometteurs.
Toutes versions confondues, le Breda 88 fut
commandé à 148 exemplaires. Les 81 premiers Ba.88 de
série propulsés par des Piaggio P XI RC40 furent mis en
production dans l'usine Breda de Bresso. Sur ce total, 8 étaient
des versions bipostes destinées à l'écolage.
L'usine IMAM de Naples reçu une première commande pour 24
exemplaires, suivie d'une seconde portant sur 23 machines avec des
nacelles moteurs réduites. Dans le même temps, Breda
devait produire 19 machines supplémentaires incluant cette
modification.

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| L'un des premiers exemplaires de série du Breda 88 doté de moteurs Piaggio P XI RC40. |
Alignement de Breda 88 prêts à être livrés aux unités. |
Chargement de bombes sous le ventre de ce Breda 88, peu après la déclaration de guerre de juin 1940. |
Le Ba.88 s'en vat en guerre
Les 5 premiers Breda 88 de série furent livrés le 6 mai 1939 à la 76a squadriglia du 7° gruppo sur le terrain de Lonate Pozzolo. Le 13 septembre, le 5° Stormo (comprenant les 7° et 19° gruppi)
avait achevé son passage sur le bimoteur Breda, avec une
dotation de 9 appareils par escadrille, soit un total de 54 machines.
En juin 1940, les Ba.88 du 7° gruppo
furent déployés à Campiglia Marittima, près
de Livourne, et ceux du 19° gruppo à Alghero, en Sardaigne. Ils effectuèrent quelques missions au-dessus
de la Corse entre le 16 et le 19 juin.
Les 32 appareils rattachés au 7° gruppo (devenu autonomo le 11 juin)
furent envoyés en Libye le 9 août. Déployés
à Castel Benito, seuls treize de ces appareils étaient
opérationnels le 11 août. Après l'installation des
filtres à sable, les pilotes purent commencer leurs vols
d'acclimatation. Les trois squadriglie du groupe furent séparés : la 76a fut transférée à Derna, la 86a à Benina et la 98a à Tobrouk T2.
La première mission de guerre en Afrique fut
fixée pour le 14 septembre, avec comme objectif le terrain de
Sidi Barrani. Sur les trois appareils armés pour cette mission,
le premier ne réussit même pas à décoller,
le deuxième dut rentrer à la base et le dernier fut
forcé de voler en ligne droite pour ne pas perdre d'altitude. Il
put heureusement atterrir sans dommage à Sidi Rezegh.
Malgré tous les efforts consentis par les équipages pour
améliorer les maigres performances de l'appareil, le vol sur
Breda restait particulièrement ardu et incertain. Au 14 octobre,
il n'y avait plus que 10 machines en état de vol.
Ce même jour, trois bimoteurs de la 98a squadriglia
effectuèrent la seconde mission de guerre du Breda sur ce front,
contre des blindés anglais repérés entre Sidi
Barrani et Bir Emba. Cette fois-ci, les machines arrivèrent dans
leur secteur d'opération, mais les aviateurs ne purent
localisés leurs cibles ! Le lendemain, deux autres Ba.88 furent
pris pour cible et endommagés par la DCA italienne au-dessus de
Sidi Barrani.
Le 16 novembre, le 7° gruppo fut radié des effectifs de la 5a Squadra Aerea.
A cette date, le groupe avait encore 28 Ba.88 en charge, dont 12 en
état de vol et 3 seulement opérationnels. Une fois que
tout ce qui pouvait être récupéré a bord fut
retiré, les avions furent postés autour des terrains
d'aviation pour servir de cible aux appareils anglais.
Malgré le triste sort
réservé à de nombreux Breda en ASI et à
Furbara, il en restait une bonne quantité en métropole.
L'état major de la Regia Aeronautica décida alors de les
transformer en bombardiers en piquer. Les modifications
apportées
furent nombreuses, on retiendra seulement la substitution des moteurs
Piaggio par des Fiat A.74, la suppression du poste du mitrailleur
arrière, remplacé par une soute à bombes et le
montage de frein de piqué de type Junkers.
Les 4 premiers exemplaires du Breda 88 A74 furent livrés au 1° Nucleo Addestramento Tuffatori
(unité d'entraînement sur bombardiers en piqué) de
Lonate Pozzolo en mars 1942. Le 27 mars, deux d'entre eux furent
passés au 101° gruppo tuffatori basé sur le
même terrain. Mais les essais furent peu concluants, et lorsque
que le groupe reçut ses Fiat CR42 AS, les deux Breda furent
restitués au 1° Nucleo Addestramento Tuffatori.
Entre le printemps et l'été 1942, un
exemplaire de Ba 88 A74 modifié par les firmes Agusta de Cascina
Costa et Magni fut testé à Guidonia. Le fuselage de
l'appareil avait été rallongé de 80 cm et
l'envergure augmentée de 2,30 mètre grâce à
des extrémités plus longues en bois. Le nouvel appareil,
désigné Ba 88 M (pour modifié), fut
commandé en deux séries de 40 exemplaires, tous issus
d'anciens Ba 88 à modifier. Au 31 mars 1943, Agusta en avait
transformé 13.
Courant mars 1943, le général Eraldo
Ilari communiqua à la direction générale des
constructions la décision de n'employer le Ba 88 M que pour
l'entraînement des pilotes à la spécialité
du bombardement en piqué. Il fallait donc apporter de nouvelles
modifications, qui ne virent le jour que sur le second lot. Le 31
juillet 1943, 12 de ces appareils étaient en attente de
livraison chez Agusta. Tous ces appareils intégrèrent
le 1° Nucleo Addestramento Tuffatori, sauf deux qui furent pris en charge par le 103° gruppo tuffatori à Lonate Pozzolo.

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| Breda 88 A74 bicomando MM4030 à Lonate Pozzolo. |
Breda 88 M immatriculé MM.4605 du centre expérimental de l'ANR. |
Après l'armistice du 8 septembre 1943, les
Breda 88 M furent capturés par les Allemands puis
féraillés. Un seul, le MM.4605, fut utilisé par
l'unité expérimentale de l'ANR, avec des insignes
allemands.
Bibliographie :
-
Courage Alone, Hikoki Publications, Chris
Dunning, 1998
-
Breda 88, Ali d'Italia n°19, Enrico Leproni, 2004
- Notiziario di Plastimodellismo CMPR n°2/04,
Il Breda 88 "Lince", E. Fiorillo
Pour
reproduire cet appareil :
| Echelle |
Fabricant |
Référence et désignation |
| 1/72 |
MPM |
72538 Breda Ba.88B Lince |
| 1/72 |
Planet Models |
7287 Breda Ba.88 |
| 1/48 |
Warrior |
48002 Breda Ba.88 |