tels qu'ils furent trouvés par les troupes américaines à Catane Sigonella le 5 août 1943.
Début
juillet 1943, les Alliés disposaient d'une
supériorité aérienne considérable en
Méditerranée : ils alignaient environ 4800 appareils,
contre les 1400 avions de l'Axe, répartis comme suit : 620
italiens et 780 allemands de la Luftflotte 2.
Il faut ajouter à ces chiffres le fait que l'aviation italienne
ne disposait que de peu de chasseurs modernes pour contrer les raids
alliés, qui pouvaient quant à eux compter sur des
appareils modernes produits en très grandes séries par
l'industrie américaine.
Pour assurer le succès du
débarquement, l'aviation alliée procéda à
des attaques systématiques des terrains d'aviation de la Sicile,
mais aussi de la Sardaigne et du Sud de la botte italienne entre le 2
et le 9 juillet. Pour contrôler les effets de ces actions, des
appareils de reconnaissance photographiaient chaque base ennemie toutes
les 4 heures en moyenne. Ainsi, le commandement allié avait une
vision précise de la consistance et de la répartition des
forces aériennes italo-allemandes.
L'aviation de l'Axe tentait tant bien que mal de
contrer les incursions de bombardiers sur ses bases. Le 3 juillet
par exemple, 14 Bf 109 G6 du 150° gruppo CT
interceptèrent des Baltimore sud-africains
escortés par le 324th fighter squadron de l'USAAF : 2
bombardiers furent abattus et 7 P-40 de l'escorte revendiqués
pour la perte d'un Messerschmitt.
Le 9 juillet, à la veille du
débarquement, un appareil de reconnaissance italien
aperçu l'imposante armada alliée (2590 navires) à
16h30. En conséquence, des avions torpilleurs venus de Sardaigne
attaquèrent les convois alliés, accompagnés de 13 Cant Z.1007 bis,
dont 4 ne rentrèrent pas à leur base. Si les
résultats de ces actions ne sont pas connus, ils mirent en tous
cas les nerfs des artilleurs à vif, comme le démontre le
tragique "friendly fire" du 12 juillet, lorsque 23 des 144 C-47 transportant la 82nd Airborne Division et une partie du 505th regiment furent abattus par la DCA navale.

(extrait de
Courage Alone, Hikoki Publications, Chris Dunning, 1998)
L'activité des unités de chasse du 10 juillet au 17 août 1943
Unités de chasse de l'ASIC et de la 4a squadra
9 juillet 1943 |
| Stormo |
Gruppo |
Squadriglia |
Appareils |
Nombre
(dont opérationnels) |
Base |
| 4° |
9° |
73a, 96a & 97a |
MC202, MC 205 |
38, 10 |
Catane |
| 4° |
10° |
84a, 90a & 91a |
MC 202, MC 205 |
Catane |
| 51° |
21° |
356a, 361a & 386a |
MC 202 |
33 |
Chinisia |
| 54° |
153° |
372a, 373a & 374a |
MC 202 |
24 |
Chinisia, Palerme |
| 1° |
157° |
163a, 357a & 371a |
MC 200 |
13 |
Grottaglie |
| Aut. |
150° |
363a, 364a & 365a |
Bf 109 G6 |
21 (6) |
Sciacca |
| Aut. |
161° |
162a, 163a & 164a |
MC 202, D 520 |
? , 7 |
Reggio Calabria |
| Aut. |
Aut. |
384a |
MC 200 |
? |
Reggio Calabria |
Les Macchi 205 du 4° stormo,
basés à Catane Fontanarossa, étaient les chasseurs
les plus modernes dont disposaient la Regia Aeronautica à la
veille du débarquement allié. Mais leur faible nombre ne
peut pas inverser le cours des combats : lorsque les premières
unités de parachutistes arrivèrent dans la plaine de
Catane, 5 ou 6 MC 205 durent être incendiés pour
éviter qu'ils ne tombent entre les mains des Alliés. Le
14 juillet, le 4° stormo se replia sur le continent, à Crotone, en Calabre. Entre temps, le 11 juillet, 10 MC 205 des 351a et 360a squadriglie du 155° gruppo (51° stormo)
furent transférés à Trapani Chinisia pour
renforcer quelque peu les défenses de l'île. Elles
regagnèrent la Sardaigne le 6 août.
L'autre chasseur de la série 5 à avoir combattu en Sicile fut le Reggiane Re.2005. Le 10 juillet, 8 de ces tout nouveaux appareils de la 362a squadriglia (22° gruppo)
atterrirent sur la base de Catane Sigonella, qui subit tout de suite
après un sévère bombardement. Le 14 juillet, les 2
Re.2005 restant furent reversés à la 371a squadriglia (157° gruppo)
à Reggio Calabria, qui ne put les employer que peu de temps
avant qu'un bombardement sur ce nouveau terrain ne les cloue au sol.
Macchi 202 de la 374a squadriglia (153° gruppo CT) à San Pietro di Caltagirone.
Remarquez la différence de camouflage entre le capot moteur et le fuselage.
(crédits photo : Aeronautica Militare)
En plus des Veltro, le 4° stormo disposait de 38 Macchi C.202, un chasseur qui équipait aussi le 21° gruppo à Chinisia, ainsi que les 153° et 161° gruppi à Palerme et Reggio Calabria. Seule une squadriglia du 3° stormo vint renforcer la dotation de l'île avec 8 MC 202 provenant de Cerveteri. Les Macchi C.200 de la 384a squadriglia, durement éprouvés, furent regroupés aux appareils du 157° gruppo.
Dès la fin avril 1943 se trouvaient en Sicile
les 3° et 150° gruppi autonomi CT équipés de Bf
109 G6, basés initialement à San Pietro di Caltagirone et Comiso. Mais
suite à l'intense activité opérationnelle ayant
précédée l'opération Husky, les deux
unités se virent contraintes de cesser leurs actions
respectivement le 6 et le 9 juillet. A cette date, le 150° gruppo
ne disposait plus que de 6 Bf 109 opérationnels sur un total de
21.
L'activité des unités de torpillage, d'attaque au sol et de bombardement du 10 juillet au 17 août 1943
Bibliographie :
- Courage Alone, the italian
air force 1940-1943, Hikoki Publications, Chris
Dunning, 1998
- L’Arma Aerea Italiana nella seconda guerra mondiale, Mursia editore,
Sebastiano Licheri, 1976
-
Messerschmitt Bf 109, Ali Straniere in Italia n°1, Giorgio Apostolo Editore, Gregory Alegi, 2002
-
Gli Stuka della Regia, Ali Straniere in Italia n°2, Giorgio Apostolo Editore, Fabrizio Bechetti & Marco Gueli
-
Fiat G.50, IBN Editore, Nicola Malizia, 2004
-
Dimensione cielo vol.2, 3, 4, 5, 6, Edizioni Bizzarri, Emilio Brotzu, Michele Caso & Gherardo Cosolo